Vous avez la parole avec… Manon Cormorèche

Remplaçante aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 et retraitée du haut-niveau depuis l’été 2015, Manon Cormorèche, ancienne pensionnaire de l’INSEP et du Pôle de Marseille, continuait néanmoins de matcher pour son club à Avignon. Désormais étudiante en STAPS, elle a accepté de répondre aux questions que vous souhaitez vous lui poser. Carrière, haut-niveau, INSEP, souvenir, regret, tout est décrypté.

Manon, que fais-tu depuis que tu as arrêté le haut-niveau ? Quelles études fais tu actuellement ?
Je viens de finir ma deuxième année en licence de STAPS et jusqu’à maintenant je m’entraînais dans mon club, l’EGGA (Avignon).

Comment est ta vie depuis ton arrêt du haut-niveau ?
« Plus libre » est le mot ! Après, il y a toujours la routine de l’entraînement et des cours mais avec plus de temps pour soi, les sorties, etc.

Pratiques-tu encore la gym ?
Oui, je me suis entraînée dans mon club jusqu’aux championnats de France par équipes à Oyonnax, qui se sont tenus du 19 au 21 mai, et c’était probablement ma dernière compète. Je ne pense pas continuer la saison prochaine.

Dans quel club as-tu commencé la gym ?
J’ai commencé à l’OCC (Olympique Cabries Callas). Un petit club pas loin de Marseille.

Que représentait pour toi ton entrée a l’Insep ?
Cela représentait un nouveau souffle. J’ai adoré le Pôle de Marseille mais la dernière année, j’étais la seule senior et la plus âgée après moi avait 4 ans de moins. De plus, j’avais du mal à me raccrocher à quelque chose pour progresser donc aller à l’Insep et me retrouver avec un groupe entier de seniors de mon âge, voire plus âgées, m’a permis de me fixer de nouveaux objectifs et d’être tirée vers le haut.

Manon

Pourquoi as-tu mis fin à ta carrière de haut niveau ? Le rythme de l’Insep ne te convenait pas ?
Je comptais arrêter le haut-niveau avant qu’on me propose d’aller à l’INSEP car je n’étais plus très motivée. Je n’avais plus d’objectif. Puis finalement, j’ai intégré l’INSEP et j’étais de nouveau très motivée et épanouie. Mais le mois qui a suivi les championnats du monde, on s’est rendu compte que j’avais une fracture de fatigue et une entorse aux chevilles. Je me suis donc arrêtée et lorsque j’ai repris correctement l’entraînement, quatre mois après, j’ai eu de nouveau une fracture de fatigue à la même cheville donc j’ai fait une année quasiment à blanc et j’ai senti que l’envie n’était plus là. Le rythme de l’INSEP n’a donc rien à voir avec mon arrêt. Les conditions et le rythme de l’entraînement là-bas étaient parfaits et me convenaient très bien.

Comment as-tu réagi quand tu as su que tu allais intégrer l’INSEP ?
J’étais très contente ! Comme je l’ai dit précédemment,ça représentait un nouveau souffle et une nouvelle aventure pour moi.

Comment as-tu vécu ta place de remplaçante aux Jeux de Londres ?
Disons que je me suis beaucoup préparée pour atteindre le rêve de tous sportifs, j’ai fait mon « taffe » pendant les sélections, et lors de l’annonce je n’étais pas déçue car j’avais vraiment tout donné. Je savais qu’il fallait que je reste concentrée pour la préparation car tout pouvait arriver jusqu’à l’entrée sur le plateau de compète .

Regrettes-tu parfois d’avoir quitter le haut-niveau ? Est-ce que ça te manque parfois ?
Le haut-niveau ne me manque pas. Je pense avoir tout donné et vécu ma carrière à fond.

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Quel est ton meilleur moment de gym ?
Il y en a pas mal mais je dirais que les FOJE en 2011 à Trabzon et les Championnats du Monde en Chine restent parmi les meilleurs.

Es-tu restée dans le monde de la gym ?
Oui, je suis toujours les résultats des gym du collectif et des compètes internationales.

Avec qui es-tu restée en contact ?
Je suis restée en contact avec pas mal de gyms, surtout celles de l’Insep et des anciennes gym de Marseille.

Pourrais-tu revenir dans le monde de la gym de haut-niveau ?
Non je ne pense pas. J’ai eu beaucoup de mal à m’y défaire mais maintenant c’est une page qui s’est tournée.

Que penses-tu de la nouvelle génération de gym ?
C’est une génération vraiment « fraîche ». Il y a principalement des jeunes qui sont d’ailleurs remplies de talent. Il y a une très bonne dynamique qui s’est mise en place et ça se voit, notamment sur les derniers résultats.

Qu’est-ce qui t’a paru le plus fou de faire après ton arrêt du haut-niveau (sortir, boire, manger des choses particulières, etc) ?
D’avoir autant de vacances et de jours fériés !! C’est incroyable, l’année qui a suivi mon arrêt du haut-niveau, je croyais être tout le temps en vacances.

Changerais-tu quelque chose dans ta carrière de gymnaste ? Si oui quoi ?
Non, je ne changerai rien à ma carrière.

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As-tu un regret ?
Je regrette seulement de n’avoir pas pu être dans l’équipe pour les championnats d’Europe en 2012. Mais on ne peut pas toujours décider de la composition des équipes.

De quelle chose de ta carrière es-tu la plus fière ?
D’avoir rencontré et partagé des moments avec des personnes exceptionnelles et de n’avoir jamais rien lâché.

Comment te trouves-tu à l’EGGA ?
Vraiment bien ! On est dans des conditions d’entraînements optimales et surtout on est entouré de très bonnes personnes.

Qu’est-ce qui a été le plus dur pour toi en tant que gymnaste de haut-niveau ?
Le temps de Paris peut être… Plus sincèrement, je dirais la période de la puberté où j’ai beaucoup grandi. J’ai perdu mes repères et du coup les entraînements étaient peu productifs. J’avais l’impression de régresser malgré les efforts.

Propos recueillis par Charlotte Laroche


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