Objectif performance : la gym française au coeur d’une nouvelle dynamique

0
702

A moins de 15 jours du début des Jeux Olympiques de Rio, les équipes de France de gym peaufinent leur préparation. A quelques jours du départ pour le Brésil, revenons sur les objectifs fixés et sur les critères de sélection avec Corinne Callon, directrice technique nationale depuis 2013. L’occasion également d’évoquer l’avenir où une dynamique de performance est mise en place avec des critères bien définis.

Gym and News : Quels sont les objectifs pour ces Jeux Olympiques de Rio en GAM et en GAF ?
Corinne Callon : Les objectifs sont de rentrer dans le plus de finale possible et de décrocher au moins trois médailles : 2 chez les masculins, 1 chez les féminines. C’est un objectif assez élevé mais réalisable quand on voit le parcours mené par les gyms ces derniers mois.

En équipes, pensez-vous que la France a la possibilité d’accrocher une place en finale ?
Si tout se passe bien, oui, on peut espérer une place en finale par équipes. Tout est possible. Les féminines l’ont prouvé avec leur médaille de bronze aux derniers championnats d’Europe.

Quels ont été les critères de sélections pour faire partie de l’équipe olympique ?
Le chemin de sélection s’est déroulé en plusieurs étapes. Avec le format d’équipes (5-4-3), on se devait de former des équipes qui permettaient d’avoir 4 gyms performants sur chaque agrès avec au moins une note forte d’un spécialiste. Nous savons qu’aujourd’hui nous n’avons pas le potentiel d’aller chercher une médaille au concours général, ni par équipes, mais uniquement en individuel, les équipes ont donc été formées dans ce sens. Des minima de points avaient donc été mis en place sur plusieurs rendez-vous, et les gyms marquaient des points. On s’est ensuite basé sur ses minina pour former les équipes.  On recherchait aussi de la régularité. Par exemple, si un ou une gym faisait uniquement une seule bonne performance sur une compétition, ce n’était pas suffisant. La régularité est très importante surtout pour un grand rendez-vous comme le sont les Jeux.

Corine Callon
Corinne Callon. Photo Midi Libre.

Après ces Jeux de Rio, un nouveau cycle olympique va démarrer, quelle stratégie va être mise en place ?
On a déjà démarré une stratégie depuis 2013. Nous sommes entrés dans une culture de la performance avec une ranking-liste où les gyms marquent des points. Ceux qui décrochent des médailles lors de grands rendez-vous nationaux ou internationaux marquent encore un peu plus de points. Cette ranking-list a été mise en place et construire après avoir regardé ce qui se faisait dans les autres disciplines en France. Ainsi, les gyms qui n’atteignent pas un certain nombre de points ne rentrent pas sur les championnats d’Europe ou sur les Mondes. Pour ce nouveau cycle olympique, on va monter les minima petit à petit afin d’obtenir des équipes encore plus performantes.  On ose mettre des objectifs hauts afin d’être dans une dynamique de performance. Le gym sait où il doit aller s’il souhaite faire les Europes, les Mondes ou les Jeux. Ainsi, on essaie d’objectiver au maximum ce qui permet aux gyms de se surpasser encore plus. L’ambition va occuper une place très importante.

En équipes, la France peine à décrocher des médailles, souhaitez-vous inverser cette tendance ? 
La stratégie est posée, nous souhaitons obtenir des équipes plus performantes et plus généralistes. D’ici 2020, ça risque d’être encore un peu juste mais nous nous fixons sur 2024, voir 2028 pour les GAM car c’est un peu plus long à mettre en place.

Si Clara me prouve que je me suis trompée, il n’y a aucun souci, je l’admettrai et lui laisserai une nouvelle chance.

Cet objectif de performance peut donc expliquer certains départs au sein des différentes structures ? 
En effet. Nous avons mis en place des critères objectifs avec toujours ce système de points qui permet de définir qui doit rester ou partir. Si nous voulons obtenir des résultats, nous devons agir et mettre de côté l’affectif.

Clara Beugnon, poussée vers la sortie de l’INSEP, n’a donc pas rempli tous les critères fixés ? C’est ce qui explique son départ forcé ? 
Je sais que Clara a du mal à comprendre notre décision mais nous nous devions d’être honnête avec elle et sa famille. Elle est dans le système depuis longtemps et lorsqu’on regarde objectivement ses résultats et son nombre de sélections en équipe de France, elle ne répond pas aux minima de performance. Il n’y a aucune injustice dans notre décision mais sa courbe de progression montre qu’elle est loin des minima et qu’elle n’a pas le niveau pour être en équipe de France. Cela fait deux ans qu’on lui dit, qu’on la prévient, et aujourd’hui l’affectif ne fait pas tout. Je sais que c’est très dur à entendre mais je préfère être honnête avec elle et ses proches car son niveau actuel ne justifie par tous ses sacrifices. Par contre, si elle trouve un club et qu’elle me prouve que je me suis trompée, il n’y a aucun souci, je l’admettrai et lui laisserai une nouvelle chance. Nous sommes dans une dynamique de performance donc si elle se montre performante, les choses seront différentes. Rien n’est fermé.

Après les Jeux, les élections au sein de la Fédération vont avoir lieu. Pensez-vous repartir pour un nouveau cycle ? 
J’aimerais bien mais ce n’est pas moi qui décide malheureusement. C’est le président. Si le président change, peut-être qu’il souhaitera s’entourer d’un nouveau DTN, ou peut-être pas. Si le président est réélu, peut-être voudra-t-il continuer à moi, ou peut-être pas. Je ne sais pas. Moi j’ai envie de repartir pour un cycle, bien-sûr.

Si ces Jeux de Rio se passent bien, vous avez peut-être plus de chance de repartir pour un nouveau cycle ? 
Forcément, un DTN qui fait un bon cycle olympique, c’est toujours mieux pour sa réélection mais on ne peut pas savoir à l’avance. Rien n’est fait et surtout, ce n’est pas moi qui décide.

Propos recueillis par Charlotte Laroche pour Gym and News.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'inscrire votre commentaire !
Merci d'indiquer votre nom