Morgane Detrez : « Tout s’est effondré devant moi »

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Un an après avoir annoncé son retrait du haut niveau, à tout juste 15 ans, que devient Morgane Detrez ? Aujourd’hui licenciée à l’Indépendante Stéphanoise, la jeune lycéenne de 16 ans se confie et revient sur cette blessure au coude qui a donné une toute autre trajectoire à sa carrière de gymnaste qui s’annonçait pourtant particulièrement prometteuse. Entretien.

Gym and News : Morgane, il y a un an, tu annonçais que tu te retirais du haut-niveau. Où en es-tu aujourd’hui et comment te sens-tu ? 
Morgane Detrez : Aujourd’hui je vis une vie à peu près comme tous les jeunes de mon âge. J’ai repris une scolarité normale depuis cette année et franchement je ne vais pas le cacher mais j’adore ce nouveau mode de vie ! Je me sens bien, je n’ai plus de pression, de stress ou autre à part au niveau scolaire mais ce n’est rien.

Peut-on revenir sur ta blessure au coude ? Que s’est-il passé exactement ? 
Il faut remonter bien loin… j’étais encore au Pôle de Toulon. J’ai commencé à avoir des douleurs au coude après les Championnats de France, à Cognac, en 2013. Après avoir eu quelques jours de repos, je suis retournée m’entraîner parce que j’avais été sélectionnée en équipe de France pour un match qui avait lieu à Saint Étienne et il ne restait plus beaucoup de temps avant cette échéance. Mais j’avais toujours mal et j’ai continué sans rien dire au début. Puis un jour, impossible de faire un flip ou même un équilibre. Du coup j’ai été arrêtée pendant deux semaines. Mais au milieu de tout cela, j’avais pris la décision de quitter Toulon pour aller sur le Pôle de Saint-Étienne. Donc au mois de juillet, après mes deux semaines de repos, j’ai fait un stage à Saint-Étienne et j’ai repris petit à petit l’entraînement, sans aucune douleur. Et puis à mon entrée au Pôle en août 2013, je n’avais toujours pas de douleur les premiers mois. Malheureusement avec les nouvelles méthodes et techniques de travail, la douleur est revenue dès le mois d’octobre. La douleur était même de plus en plus forte… Mais bon j’avais besoin de faire les Coupes Nationales qui avaient lieu en novembre donc j’ai serré les dents comme on dit ! Les vacances de Noël ont passé et nous avons fait un stage de reprise en Auvergne. C’est depuis ce moment que je n’ai pas compris ce qu’il m’arrivait… J’avais de plus en plus mal, je me plaignais… J’ai alors été en arrêt complet, j’ai dû faire des examens, des piqûres et autres pour voir ce que j’avais. Le résultat es tombé :  j’avais une ostéochondrite niveau 2 donc j’ai dû être arrêtée pendant un mois. Je ne pouvais plus rien faire sur les bras.

« Mon principal objectif qui était de faire les championnats d’Europe s’est envolé ! »

Mais malgré cet arrêt d’un mois, tout n’est pas rentré dans l’ordre…
Non, un mois plus tard, rebelote, j’ai passé une autre IRM et là, tout s’est effondré devant moi ! On m’annonçait que je ne pourrai plus rien faire de l’année.  Donc mon principal objectif qui était de faire les championnats d’Europe s’est envolé ! Ça été pour moi la pire chose d’entendre ça. Je me suis démoralisée et j’ai perdu le goût pour la gymnastique. Et pour continuer dans les mauvaises nouvelles, ma blessure s’était aggravée, passant au niveau 3. J’ai été immobilisée pendant deux mois avec une sorte de plâtre que je pouvais enlever mais il n’y avait rien à faire, ça ne bougeait pas, il n’y avait plus aucune évolution. Tous les médecins me disaient qu’on ne pouvait pas m’opérer. Alors, mes parents, pendant les vacances d’été, sont allés voir un chirurgien et j’ai passé un examen spécial… et il a dit qu’il pouvait m’opérer. MIRACLE !

Comment les choses se sont-elles déroulées ensuite ?
Je me suis faite opérer à Aix-En-Provence et tout s’est très bien passé. Je savais qu’il fallait que j’attende trois mois pour refaire complètement de la gym et pendant ces trois mois, j’allais tous les matins chez les kiné pour faire ma rééducation.

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Aujourd’hui, as-tu gardé des séquelles de cette blessure ?
A l’heure d’aujourd’hui, je n’ai pas de séquelles visibles, à part les cicatrices, et j’ai retrouvé toute mon amplitude. Mais il est vrai que comme j’ai repris la gym assez vite, du coup j’ai encore quelques douleurs mais ça va mieux maintenant.

La décision d’arrêter le haut niveau a-t-elle été difficile à prendre ?
Non pas du tout. Cette idée de me retirer était réfléchie et j’y pensait depuis assez longtemps.

Que gardes-tu comme bon souvenir en tant que gym de haut niveau ?
Le faite d’avoir représenté mon pays !

Quels sacrifices ont été les plus difficiles à gérer pendant que tu t’entraînais au haut niveau ?
En étant petite, rien de vraiment gênant, mais en grandissant, le fait de ne pas avoir de « vie sociale », ou de ne pas pouvoir faire ce qu’on aimerait faire…

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Aujourd’hui, où en es-tu dans ton cursus scolaire ? 
J’étais en seconde cette année et je passe en 1ère ES à la rentrée.

Que comptes-tu faire plus tard ? 
J’ai plusieurs idées de métiers mais pour le moment j’aimerais soit devenir avocate et donc faire une école de droit avant ou alors j’aimerais travailler dans la mode.

Seras-tu toujours licenciée à Saint-Etienne la saison prochaine ? Combien de temps par semaine t’entraînes-tu en moyenne ? 
Oui je continuerai toujours de matcher pour Saint Étienne. Je dois m’entraîner à peu près 15h par semaine maintenant.

Pourquoi as-tu quitté l’EG Rouen pour le club de Saint-Etienne ?
Parce que je ne pouvais pas m’entraîner dans un club et matcher avec un autre tout simplement.

Cela fait un an que tu as arrêté le haut-niveau mais tu continues toujours à fasciner. Tu as encore beaucoup de gens qui te soutiennent. Tu es fière ? Qu’est-ce que tu aimerais leur dire ?
Je trouve ça assez impressionnant le nombre de personnes qui continuent à me suivre malgré mon retrait du haut niveau depuis plus d’un an maintenant. Je voulais les remercier du fond de mon cœur, ça me fait énormément plaisir. Mille mercis.

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Propos recueillis par Charlotte Laroche pour Gym and News

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