Margot Maquet : « Je n’aime pas décevoir ma coach et ne pas avoir fait ce qu’il fallait »

Elle a tout juste 11 ans et s’apprête à faire sa rentrée au pôle espoir de Meaux, où elle y retrouvera notamment ses copines Eden Desaulty, qui est déjà au pôle depuis l’année dernière, et Maëlys Mrozkowiak qui fera, comme elle, également sa rentrée en août 2020. Malgré son jeune âge, Margot Maquet fait déjà preuve d’un gros mental et elle rêve déjà grand. Partons à sa découverte dans le cadre des interview de Mary-Lou destinées à présenter la nouvelle génération de gymnastes.

Gym and News : Margot, peux-tu te présenter ?
Margot Marquet : Je m’appelle Margot et j’ai 11 ans depuis le 17 mars 2020. J’habite avec mes parents et mon frère de 14 ans, un petit village dans les Hauts de France « Le Doulieu »

Quand as-tu commencé la gym ? Et où ?
J’ai commencé la gym à 3 ans près de chez moi au club d’Estaires où je suis toujours d’ailleurs. J’ai démarré en baby gym et un an après, j’ai intégré le groupe performance de ma coach Marie-Christine Dehaene.

Pourquoi avoir choisi la gymnastique ?
Je ne tenais pas en place et donc ma mère, en discutant avec une de ses amies, a su qu’il y avait un bon club pas très loin de chez nous. Mes parents m’ont toujours raconté, que même en baby c’était un cirque avec moi… Ensuite, j’aimais tellement y aller que j’y suis restée. J’ai vraiment pris goût et je me suis fais beaucoup d’amies avec qui je partage cette passion. La gym est une famille pour moi.

Peux-tu te décrire en trois mots ?
Sociable, dynamique et de nature très joyeuse.

Quels sont tes points forts ?
Le mental, la tonicité et ma force physique.

Quels sont tes points faibles ?
La souplesse, mon alignement et ma concentration en compétition.

Comme gymnaste comment te décrirais-tu ?
Comme gymnaste, je suis très dynamique et assez forte mentalement.

Peux-tu donner un défaut et une qualité ?
Pour le défaut, mes parents me disent souvent que je suis têtue. En qualité, que je suis persévérante.

Un défaut inavouable ?
J’adore chanter mais je suis une vraie casserole (Sourire) enfin c’est ce que dit ma famille !

Quand un entraînement est difficile, t’arrive-t-il de pleurer ?
Il m’est déjà arrivé de pleurer mais pas parce que l’entraînement était difficile mais parce que l’entraînement ne s’était pas passé comme je l’aurais souhaité car je n’aime pas décevoir ma coach et ne pas avoir fait ce qu’il fallait.

En club combien d’heure t’entraînais-tu ?
Je m’entraîne entre 12 et 14h par semaine.

T’es-tu déjà blessée ?
Fort heureusement que non et je croise les doigts pour que cela puisse continuer ainsi.

Comment as-tu appris que tu as été prise au pôle de Meaux ?
Mon père a reçu un appel qui lui indiquait que la liste de Gym eval venait de tomber et nous avons tous regardé ensemble… et c’était trop cool de voir mon nom ! Sinon, au début du confinement, Éric Besson avait téléphoné à mon père pour que je suive le groupe de travail par Visio en vue d’éventuellement intégrer le pôle en fonction des résultats de Gym Eval. J’avais déjà fait plusieurs stages au pôle donc j’espérais fortement être prise ensuite.

Quelle a été ta réaction ?
Lorsque j’ai vu mon nom sur la liste, j’ai pu faire un ouf de soulagement car j’avais peur de ne pas être prise et ensuite j’ai sauté de joie dans toute la maison.

Appréhendes-tu ta rentrée au pôle ?
Non pas du tout, car j’ai déjà eu la chance de m’y rendre déjà plusieurs fois. J’ai déjà ma copine Eden Desaulty qui y est depuis 1 an avec qui on se téléphone régulièrement. Et il y a aussi Maëlys Mrozkowiak avec qui je m’entends bien.

As-tu toujours voulu faire du haut niveau ?
J’ai voulu faire du haut niveau à partir du moment où le pôle de Meaux est venue prendre des renseignements à mon sujet auprès de ma coach Marie-Christine Dehaene lors de la revue d’effectif en novembre 2018. De là, je suis allée faire mon premier stage contact et j’ai pu voir de superbes gymnastes, de voir ce qu’elles arrivaient à faire, me faisait envie et c’est là que j’ai commencé à vouloir faire du haut niveau sans croire à mes chances pour autant. Mais maintenant, j’y vais (sourire).

Qu’est-ce que tu aimes dans la gymnastique ?
J’aime beaucoup cette sensation que me procurent les acrobaties. Parfois j’ai l’impression de voler !

Ton agrès préféré ?
Je n’ai pas vraiment d’agrès préféré mais celui qui me réussit le plus et qui me procure le plus de sensations, c’est les barres.

Celui que tu aimes le moins ?
Pareil, je n’en ai pas particulièrement mais ce qui me fait le plus défaut, c’est la poutre et pourtant j’aime vraiment cet agrès.

Quel élément te fait peur ?
Aucun

Quel est l’élément gymnique que tu as réussi et dont tu es la plus fière ? 
C’est mon tsukahara car j’ai coincé longtemps dessus.

As-tu besoin de beaucoup de travail pour acquérir un nouvel élément ou cela se fait-il avec facilité ? 
Tout dépend de la difficulté, certains éléments, j’ai pu très vite les maîtriser (comme ex mon flip tendu en poutre) mais pour d’autre se fût un peu plus long (notamment mon tsukahara en saut) mais avant le confinement je travaillais déjà sur le Yurchenko.

Quel est ton élément rêvé à chaque agrès ?
En saut, ce serait lune salto.
En poutre, ce serait le flip flip tendu décalé.
En barres, ce serait le yeager et double tendu en sortie.
En sol, ce serait double tendu.

Comment s’est déroulé ton championnat de France 2019 ?
J’étais déjà très contente de pouvoir participer mais le résultat n’a pas été à la hauteur de mes espérances car je termine 14ème et je sais que j’aurais pu faire beaucoup mieux mais la raison de ce résultat, c’est que 2 jours avant la compétition, j’avais fait une mauvaise réception en saut et la douleur est soudainement revenue à l’échauffement de la poutre pendant la compétition… mais j’ai serré les dents et je suis allée au bout de ma compétition. Pour ma coach et mes parents qui avaient fait le déplacement en Vendée, je n’avais pas le droit de lâcher.

Comment as-tu réagi à l’annulation des championnats de France 2020 ?
Forcement déçue, car je voulais vraiment prouver que je pouvais faire beaucoup mieux qu’en 2019 mais la santé avant tout.

As-tu réussi à t’entretenir physiquement pendant le confinement ?
Oui heureusement, j’ai un grand jardin et il a fait très beau. J’ai aussi la chance de pouvoir faire les séances en visioconférence avec le pôle de Meaux ce qui me permet de travailler des points faibles. Le travail est complètement différent que celui en salle mais comme on a pu me dire : « on ne sera que meilleure à la reprise sur nos points faibles. » Donc je fais tout ce que je peux pour travailler au mieux et le plus sérieusement possible.

Avais-tu du matériel chez toi pour t’entraîner ?
Alors oui car à chacun de mes anniversaires, j’ai demandé quelque chose pour faire de la gym à la maison… donc j’ai une poutre souple, une barre fixe, un trampoline, des poids, des élastiques et encore bien d’autres choses, normal non ?

Une gymnaste Française que tu admires ? et hors France ?
Heu, il y en a tellement que j’aime… Donc en France, je dirais Mélanie De Jésus Dos Santos mais aussi une que je suivais beaucoup et qui vient de prendre sa retraite, c’est Oréane Lechenault. Et comme beaucoup, hors France, Simone Biles. Elle est extraordinaire, c’est une machine car elle gagne tout.

Quels sont tes objectifs à court et à long terme ?
A court terme, mon premier objectif est d’améliorer ma souplesse et mon alignement, de pouvoir travailler ma concentration qui me fait un peu défaut lors de mes compétitions et ceci me permettrait surement de faire de bien meilleurs résultats.
A long terme : j’aimerais faire le championnat de France Elite en 2021, plus tard pouvoir intégrer l’équipe de France et un jour faire des championnats d’Europe, championnat du monde et bien sûr les JO.

Propos recueillis par Mary-Lou 


L’interview de la coach, Marie-Christine Dehaene

Comment est Margot en tant que gymnaste ?
Margot est persévérante, appliquée, courageuse et motivée.

Comment est-elle en tant que personne ?
C’est une jeune fille très sociable, à l’écoute des autres et très sensible.

Quels sont ses points forts ? et ses points faibles ?
Points forts : persévérante, elle ne baisse jamais les bras, autonome dans le travail, à l’écoute, perfectionniste.

Point à travailler : manque parfois de concentration, doit apprendre à mieux gérer ses émotions à l’approche des échéances compétitives.

Qu’est-ce qu’elle doit travailler pour devenir plus forte ?
Elle doit progresser en souplesse et améliorer sa ligne de jambes.

Est-ce que c’est quelque chose que vous espéreriez pour elle, qu’elle rentre au pôle espoir de Meaux ?
Entrer au pôle de Meaux était son projet. Je l’ai juste accompagnée dans ce cheminement. Je suis très heureuse que son rêve se réalise.

Que pouvez-vous lui souhaiter pour cette nouvelle aventure ?
Je lui souhaite le meilleur pour cette nouvelle aventure. Qu’elle s’épanouisse en restant la jolie jeune fille souriante, sensible, passionnée et pétillante qu’elle est.

Propos recueillis par Mary-Lou


L’interview des parents 

Comment est Margot dans la vie de tous les jours ?
Margot est une petite fille pleine de vie et qui tient difficilement en place si elle n’est pas occupée. Elle nous épate beaucoup car elle sait ce qu’elle veut déjà du haut de ses 11 ans. Elle est très appréciée dans la vie de tous les jours par énormément de monde pour sa simplicité, sa sociabilité et sa gentillesse.

Comment avez-vous réagi lorsque Margot vous a dit qu’elle souhaitait faire du haut niveau ?
Margot a eu la chance de pouvoir participer à la revue d’effectif en 2018 en équipe avec Les Hauts de France grâce notamment à Céline Rivetti que nous remercions. De là, tout s’est accéléré…. A son retour, sa coach a souhaité nous voir pour nous dire que le Pôle Espoir de Meaux serait intéressé pour voir Margot chez eux, nous avons laissé le choix à Margot et de là une, deux et trois déplacements sur Meaux qui n’ont fait qu’augmenter son envie de vouloir faire du haut niveau. A chaque retour, elle ne pouvait plus s’arrêter de raconter son admiration pour ce qu’elle découvrait sur Meaux et attendait toujours avec impatience le prochain rendez-vous. C’est là que nous avons compris que tout cela allait prendre de plus en plus de place dans notre quotidien, reste maintenant à elle de prouver qu’elle en est capable car c’est son choix depuis le début et nous ferons tout ce que nous pourrons pour la soutenir comme le ferait n’importe quels parents.

En tant que parents, comment vivez-vous le fait que Margot réalise son rêve ?
Nous sommes très heureux pour elle car c’est ce qu’elle désire le plus depuis ces deux dernières années. Nous sommes des parents très fiers de sa réussite en espérant que cela puisse lui permettre de s’épanouir encore, qu’elle puisse atteindre ses objectifs et répondre également aux attentes de ses nouveaux coachs. Dans la vie, il y a toujours une part de chance et nous espérons que notre fille aura de la chance le plus longtemps possible.

Vu la distance entre Estaires et Meaux, Margot devra aller en internat à Meaux ? Comment vous, vous le vivez ?
Oui Margot sera interne à Meaux compte tenu de la distance (250 km). Nous sommes sereins et confiants pour son intégration à l’internat car Margot a pris l’habitude ces 2 dernières années de partir assez régulièrement en stages et en compétitions sans nous. Du haut de ses 11 ans, elle est déjà très autonome et indépendante. Il est sûr que ça fera un vide à la maison car Margot ne tient pas en place et en prend énormément de place. Au début, cela fera bizarre mais ensuite nous pensons que ceci deviendra naturellement une routine, le principal est qu’elle puisse bien se reposer la semaine sur place et nous sommes sûrs qu’elle sera bien encadrée par le Pôle de Meaux. Nous profiterons d’elle à fond chaque week-end.

Envisagez-vous de vous rapprocher de Meaux ?
Non nous n’envisageons nullement de nous rapprocher de Meaux. C’est son choix, pas le nôtre, donc nous n’allons pas tout bousculer de notre côté et de plus nous avons son grand frère de 14 ans à la maison qui lui n’a rien demandé de tout cela. Cela peut paraître dur mais nous savons qu’il va falloir faire de part et d’autre beaucoup de sacrifices mais pour elle, le jeu en vaut la chandelle.

Que pouvez-vous souhaiter à votre fille ?
Nous lui souhaitons comme toujours que le meilleur. Que sa nouvelle vie qui commencera au mois d’août 2020, soit belle, très riche en expérience et qu’elle y face de très belles rencontres. Nous faisons pleinement confiance au Pôle de Meaux pour qu’il puisse lui apporter cela. Ne rêve pas ta vie, vis tes rêves toujours à fond et tu toucheras peut-être un jour les étoiles. On t’aime, Hugo, Maman, Papa et ton chien Nelson.

Propos recueillis par Mary-Lou


La famille de Margot a lancé une cagnotte dans le cadre de la future entrée de leur fille en Pôle. Si vous souhaitez les aider, c’est par ici

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