Magali Ruffato : « Aujourd’hui, je recherche avant tout un équilibre entre ma vie pro et perso »

Membre du collectif France aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, que devient Magali Ruffato ? À quoi ressemble son quotidien aujourd’hui ? Et quelle place la gym occupe-t-elle désormais dans sa vie ? C’est depuis son domicile, à Toulon, qu’elle donne de ses nouvelles.

Gym and News : Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par quelques présentations, notamment pour la nouvelle génération qui ne vous a pas connue. Pouvez-vous revenir sur votre parcours gymnique ?
Magali Ruffato : J’ai commencé la gym très petite. Pour la petite anecdote, ma mère était entraîneur de gym et dès que nous sommes sorties de la maternité, la clinique étant juste à côté du gymnase, elle est tout de suite allée me présenter au gymnase. Donc dès mes premiers jours de vie, j’ai côtoyé un gymnase (Rires). Sinon, j’ai réellement commencé la  gym à l’âge de 6 ans lorsque les compétitions ont débuté. Au début je m’entraînais avec ma mère au club de La Pro Patria, à Toulon, puis je suis allée dans un autre club, toujours à Toulon, qui s’appelait le CS Toulon, avant d’intégrer le pôle de Toulon en 1992. J’y suis restée jusqu’en 1996 avant de rejoindre le pôle de Marseille. C’est là-bas que j’ai terminé ma carrière. C’était en 2000, juste après les Jeux Olympiques de Sydney.

Quelles sont les grandes compétitions auxquelles vous avez participé ?
En 1996, en junior, j’ai participé aux championnats d’Europe de Birmingham. Nous avions fini deuxièmes en équipe, c’est un super souvenir que j’ai partagé avec Elvire Teza. En senior, j’ai participé aux championnats du monde de Lausanne, en 1997, puis à ceux de Shanjing en 1999. En 1998, j’ai participé aux championnats d’Europe de Saint Petersbourg et en 2000 j’ai fait les Jeux Olympiques, à Sydney. L’objectif de ma carrière que j’avais réussi à atteindre. En parallèle, j’ai également fait de nombreux matchs internationaux aussi bien en junior qu’en senior.

Vous décidez de mettre un terme à votre carrière de gymnaste de haut-niveau après les Jeux de Sydney, pourquoi ?
L’objectif que je m’étais fixé était les Jeux de Sydney donc lorsque j’ai atteint cet objectif, j’étais prête à arrêter. En plus j’allais sur mes 19 ans et physiquement et mentalement j’étais prête à passer à autre chose. Et puis si je continuais, je repartais pour un nouveau cycle de 4 ans car dans ma tête, je ne me voyais pas repartir pour autre chose qu’une olympiade. Mais je ne me voyais pas repartir pour 4 ans donc ayant atteint mon objectif avec ma sélection pour les Jeux de Sydney, je me suis dit que c’était le moment parfait pour moi d’arrêter.

Après Sydney, vous avez complètement arrêté la gym ou avez-vous continué un peu en club ?
J’ai continué à m’entraîner dans mon club, le CS Toulon. J’ai été embauchée en emploi jeune en tant qu’entraîneur et en parallèle je continuais à matcher en équipe afin de renforcer l’équipe en DN. Au même moment, j’ai passé mon BE1 et mon BE2. À cette époque-là, j’avais pour projet de devenir photographe professionnelle mais être entraîneur était quelque chose qui s’inscrivait dans la continuité de ma carrière de gymnaste donc j’avais envie de passer par cette première étape. Tout en gardant toutefois, dans un coin de ma tête, mon projet d’école photo. Je suis ensuite montée sur Lyon où j’ai entraîné au club de la Convention Gymnique. J’y suis restée trois ans avant de monter sur Paris où j’ai enfin intégré une école de photo qui a duré 3 ans. J’ai fait des stages au journal L’Equipe et j’ai également beaucoup travaillé avec Gérard Vandystaadt qui m’a énormément appris.  C’était des années fabuleuses. Au bout de ces 3 ans de formation, je suis redescendue sur Toulon où j’ai occupé un poste de photographe pour le quotidien régional Var Matin. Je faisais de tout mais j’étais également affectée au sport. Pendant 3 ans, j’ai enchaîné les CDD et j’ai commencé à aspirer à autre chose, alors je me suis mise à mon compte et j’ai monté ma micro-entreprise. Je me suis spécialisée dans le sport et je suis devenue photographe officielle du club de rugby du RC Toulon qui évolue en Top 14. C’est une fonction que j’occupe depuis plusieurs années maintenant. J’ai aussi couvert du basket, de la gym et plein d’autres sports. Depuis l’an dernier, j’ai ouvert un peu plus mon champ de compétences et je travaille beaucoup dans l’événementiel entrepreneurial. Je suis quelqu’un qui aime s’ouvrir à différents milieux, même si le sport reste ma spécialité.

Difficile de continuer à entraîner, non ?
Excepté lorsque j’étais à Paris pour mon école photo, j’ai toujours continué d’entraîner en parallèle. Je donnais des cours de baby gym à mon compte sur Toulon. C’était une super expérience ! J’adore le contact avec les enfants donc c’était top. Puis le CST m’a recontactée pour entraîner de nouveau avec eux et j’ai accepté. J’étais en mi-temps. Ensuite j’ai rejoint le club de l’ASCM Toulon où j’entraîne depuis 3 ans. En mi-temps également. Mais même si je suis en mi-temps, mon planning fait que j’entraîne tous les soirs de la semaine et le samedi matin et ça ne correspond plus à ce que j’aspire professionnellement et personnellement. Aujourd’hui, ce que je recherche avant tout c’est un équilibre entre ma vie pro et perso. D’avoir du temps pour profiter de mon fils Marius qui a 4 ans. Je suis donc en train de construire ma vie autour de cette recherche d’équilibre. Un équilibre que j’ai trouvé grâce à une toute nouvelle activité que j’ai débuté il y a 2 mois et demi grâce à un coup de fil qui est tombé au bon moment.

Dites-nous en plus sur ce mystérieux coup de téléphone…
Il y a deux mois et demi, Thomas Bur, un ancien gymnaste passé notamment par le pôle de Lyon, m’a contactée pour me parler de BeautySané, une marque spécialisée dans le rééquilibrage alimentaire et dans la nutrition sportive et santé, et d’une opportunité d’affaires. Lorsqu’il m’a appelée, je me suis dit que son appel tombait à pic ! C’était une période où je voulais me dégager du temps tout en gagnant de l’argent et surtout tout en travaillant à des heures choisies afin de me dégager du temps pour mon fils. Et puis le fait de pouvoir me challenger et d’être dans l’entrepreunariat me correspond totalement. Pour le moment je le fais en parallèle de la photo mais en fonction de l’évolution des choses, on verra. Mais là, je peux dire que je suis vraiment contente de la tournure que prennent les choses. Surtout en si peu de temps. D’autant plus que je suis complètement alignée avec ce à quoi j’aspire. Et pour aller plus loin, je peux même dire que je retrouve ce que j’ai pu connaître quand j’étais gym de haut-niveau et qui me manquait. Je suis une personne qui bosse en objectifs. Comme quand j’étais gymnaste. Et avec Beautysané, c’est exactement ce que je retrouve. Je veux atteindre tel objectif, qu’est-ce que je dois mettre en place pour l’atteindre ? Je vais mettre ça, ça et ça en place. Une fois l’objectif atteint, je passe à un nouveau. Et puis, je suis dans une équipe de sportifs avec ce même état d’esprit donc je me reconnais tout à fait. Je me sens vivante et je sens que je suis en train de créer un avenir pour mon fils tout en passant du temps avec lui. Je ne pouvais pas espérer mieux.

En tant qu’ancienne gymnaste, l’importance de l’alimentation est également quelque chose à laquelle vous êtes sensible ?
J’ai toujours été très sensible à l’alimentation et à son importance sur notre vie. Donc pouvoir aider les gens en leur apportant des solutions pour mieux manger et se sentir mieux dans leur corps, c’est un projet qui correspond à mes principes.

On vous sent pleinement investie et animée par cette nouvelle aventure. On vous sent épanouie…
Oui je le suis. Vraiment.

Pour revenir un peu à la gym, avez-vous gardé des contacts avec vos anciennes partenaires d’entraînement ?
Oui avec Elvire Teza et Cécile Canqueteau… même si ce n’est pas tous les jours facile de se joindre. Elvire est sur l’île de la Réunion, moi je suis à Toulon, Cécile est au Texas donc autant dire que c’est difficile de se voir mais heureusement il y a les visios même si c’est assez compliqué avec les décalages horaires (Rires). Elles me manquent mais on a un lien tellement fort que même si on ne se côtoie pas au quotidien, on est très soudées. Et puis sinon grâce à Facebook, j’ai également gardé contact avec quasiment toutes les filles de mon collectif.

Aujourd’hui, quelle place occupe le sport dans votre quotidien ?
Je me suis remise au sport mais c’est plus de l’entretien physique avec des séances de musculation et du footing. Pour la petite histoire, après avoir mis un terme à ma carrière de gymnaste de haut-niveau, j’ai continué à matcher en DN pendant deux ans. Mais c’était deux années assez compliquées car je n’avais plus forcément les mêmes envies et puis surtout les objectifs n’étaient plus les mêmes. Et étant quelqu’un qui travaille en objectifs, c’était une période pas très évidente pour moi. J’ai vu mon niveau diminué car j’étais passée de 30 heures d’entraînement par semaine à 5 heures et ce n’était pas facile à gérer. Malgré tout, je me suis accrochée pendant ces deux ans pour mon club. Mais après ces 2 ans, j’ai tout arrêté. Un peu comme un refus de sport ! Finalement ça ne fait pas si longtemps que j’ai commencé à en refaire. Et maintenant je ne peux pas passer plus de deux jours sans faire de sport ! Quand je n’en fais pas, je le sens. Psychologiquement, il me le faut (Rires). C’est assez drôle car si j’ai pu m’en passer pendant quelques années, aujourd’hui il fait de nouveau partie de mon quotidien, même si c’est d’une toute autre manière…

 

 

 

Article précédentOksana Chusovitina rempile pour une saison
Article suivantNouvelle année, nouvelles gymnastes séniors

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'inscrire votre commentaire !
Merci d'indiquer votre nom