Loris Frasca : le diamant brut d’Antibes

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Pensionnaire du Pôle d’Antibes depuis 2010 et également sociétaire du club antibois, Loris Frasca ne cesse de monter en puissance depuis quelques années. A la veille de la demi-finale aller du Top 12 masculin face à Sotteville, partons à sa découverte.

Au téléphone, Loris Frasca a la voix posée. De nature réservée, parler de lui n’est pas chose aisée. Pourtant le gymnaste de 21 ans est l’une des valeurs sûres de l’équipe d’Antibes, notamment cette saison à la suite du départ d’Hamilton Sabot et de l’absence de Samir Aït Saïd.

Loris a débuté la gym à l’âge de 5 ans au club de Forbach, dans l’est de la France. En 2010, après quelques années passées au Pôle Espoir de Forbach, aujourd’hui fermé, le gymnaste à la silhouette longiligne a rejoint le Pôle France d’Antibes. Au fil des années, il ne cesse de progresser. « Loris est un gymnaste talentueux dont la qualité principale est l’explosivité, souligne Rodolphe Bouché, son coach depuis ses débuts à Antibes. C’est un profil « fibre rapide ».  Il travaille sa gymnastique tout en finesse kinesthésique et en rapidité… avec un bon feeling. Il est très acrobatique avec une qualité reconnue pour le travail des vrilles : c’est un vrilleur ! »

Loris Frasca 3

Si son coach n’a aucun souci à parler de son gym, en revanche, Loris, de son côté, a beaucoup plus de mal à parler de lui-même. « Je suis quelqu’un d’assez réservé donc parler de moi est plutôt compliqué« , confie-t-il avant d’ajouter : « Mais je peux dire que je baisse vite les bras. Quand je n’arrive pas quelque-chose, j’abandonne. Mais Rodolphe m’aide à travailler là-dessus et ça va de mieux en mieux. » Humble, Loris ne parlera donc pas de ses qualités. Non parce qu’il ne le veut pas, mais plutôt parce qu’il ne le peut pas. « J’ai vraiment du mal à parler de moi, ose-t-il timidement. Car ce n’est pas quelque chose qui me correspond. »

Il a un réel potentiel d’équipe pour Tokyo 2020

Ce samedi, l’Antibois s’apprête à affronter l’équipe expérimentée de Sotteville. Ses agrès forts sont le sol et le saut. Deux agrès qui ne seront présentés qu’au match retour. Son point faible ? Les anneaux. Le premier agrès de cette demi-finale aller. Mais peu importe. « Avant quand je ratais le début de ma compétition, je savais que j’allais louper tout le reste. Mais maintenant, avec l’âge et l’expérience, je suis passé au dessus« , explique le généraliste de 21 ans qui se destine à devenir entraîneur.

« Loris a un profil de généraliste avec une valence supérieure déjà présente au sol et au saut… et une en devenir aux arçons et aux barres. Il est un réel potentiel d’équipe pour Tokyo 2020, » livre son entraîneur, Rodolphe Bouché, qui avance également sa timidité. « Difficile de le faire sortir de son calme maîtrisé. Un trait de caractère qui lui permet de travailler avec efficience. Appliqué à son travail, il avance sans faire de vague avec des objectifs de haut niveau réalistes. Il sait ce qu’il veut« , livre le coach avant d’ajouter : « Un défaut : il est parfois un peu timoré et mon travail est de le faire sortir de sa zone de confort pour prendre des risques mesurés pour augmenter son capital de confiance en ses capacités. »

Loris Frasca

Côte à côte depuis six ans maintenant, Loris Frasca et Rodolphe Bouché avancent soudés. « J’ai énormément progressé aux côtés de Rodolphe. Mentalement et physiquement » explique le spécialiste du saut et du sol. Une progression qui lui a d’ailleurs permis d’intégrer le collectif France senior après avoir fait ses armes au sein de l’équipe de France junior. Et s’il prépare les demi-finales du Top 12, il garde également en vue les tests sélectifs pour les championnats d’Europe qui auront lieu à Montceau-Les-Mimes et à l’INSEP entre les demi-finales aller et retour. Un calendrier qui s’annonce donc chargé pour l’Antibois comme pour tous ceux qui disputent les demies du Top et qui ont été retenus pour disputer les tests. « C’est sur que comme le calendrier est beaucoup plus chargé avec cette nouvelle formule du Top 12, c’est plus fatiguant physiquement mais moi je trouve ça très bien. Le fait qu’on ait beaucoup plus de compétitions permet de travailler plus souvent nos complets, sourit-il, et d’être plus souvent en compète. Car avant, entre septembre et février, on ne travaillait que la technique. Là, on peut commencer à bosser sur nos complets beaucoup plus tôt dans la saison. »

En vue des tests pour les championnats d’Europe, Loris travaille un nouveau saut : une lune double avant demi-tour. Des championnats d’Europe qui sont d’ailleurs son objectif de la saison. Mais pour le moment, il faut rester concentré sur la demi-finale face à Sotteville, en Top 12. Une formule séduisante pour l’Antibois. « Ce nouveau Top 12 est vraiment très bien, plus motivant.  Et c’est plus stressant car le fait qu’on s’affronte sous forme de duels met d’avantage de pression« , lance celui qui n’attend aucun duel en particulier mais qui est néanmoins d’attaque pour la bataille. « Je suis prêt ! » conclut-il tout simplement…

Charlotte Laroche pour Gym and News

Le mot de la fin pour Rodolphe Bouché : « Pour finir, Loris est un gymnaste qu’il faut entraîner, accompagner avec un respect de ses traits de caractère. Il ne produit pas dans le conflit. C’est un artiste dont il faut prendre soin pour le rendre bon à court, moyen et long terme. C’est un athlète très intéressant à entraîner pour lequel j’ai une affection particulière. »

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