Les 5 moments marquants de Morgane Detrez

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Contrainte de mettre un terme à sa carrière internationale en juin 2015 en raison d’une blessure au coude devenue beaucoup trop handicapante, Morgane Detrez, aujourd’hui âgée de 18 ans, mène désormais une vie ordinaire, loin du monde du haut-niveau. Son bac en poche, elle va entamer des études de stylisme sur Lyon à la mi-septembre. Trois ans après l’annonce de sa « retraite internationale », elle revient sur les 5 moments forts de sa carrière, qu’ils soient bons ou mauvais… Une carrière trop courte pour une gymnaste talentueuse et particulièrement prometteuse qui lui a laissé quelques mauvais souvenirs. C’est d’ailleurs par ceux-là qu’elle a souhaité débuter son classement.

1- Je pense que mon premier mauvais souvenir est la fameuse revenue d’effectif au mois d’octobre en 2011, à Saint Étienne. J’avais fait un test moyen avec une ou 2 erreurs, mais malgré cela et si je ne me trompe pas, j’avais fini 3eme. On attendait avec les filles pour savoir qui allait sur quels matchs internationaux entre le Massilia, Combs la Ville, etc… Les résultats tombent et j’apprends que je suis sélectionnée pour mon premier match France au Massilia qui se tenait quelques semaines après ce test. On nous donne alors nos premiers justaucorps France et on nous indiquait que l’équipement nous sera directement donné sur place, là-bas. Je rentre alors à Toulon, pleine de motivation et d’envie pour faire au mieux sur mon premier match France. Mais quelques jours après être rentrée, Éric (Boucharin) me prend à part pour m’annoncer qu’au final on m’avait retirée de l’équipe parce que, soit disant, je n’avais pas le niveau. Je me souviendrai toujours qu’avec mon tempérament bien relevé, j’avais regardé Éric et lui avais dit : « le justaucorps France qu’on m’a donné je leur renvoie par la Poste ? » À ce moment-là, je n’avais que de la colère en moi et je me suis alors rendue compte que, peu importe les résultats que l’on pouvait faire, ils font toujours ce qu’ils veulent quand ils veulent. Cependant, j’avais tout de même participé au Massilia mais en équipe PACA. J’avais fait un match parfait et eu le meilleur total point de toutes les 2000. Après la compétition, j’avais eu alors droit à des excuses pour me dire que je méritais ma place en équipe de France.

2- Mon deuxième pire souvenir, je pense que c’était ma blessure au coude. Cette longue période de plus d’un an a été très dure pour moi physiquement et émotionnellement. La douleur avait commencé quand j’étais à Toulon, juste quelques semaines avant mon départ à Saint-Étienne (un moment aussi très dur pour moi et également l’un de mes pires souvenirs). Pour revenir sur ma blessure, quand je suis arrivée à Saint-Étienne, la première partie de la saison (de août à janvier) a été difficile parce que j’ai été privée de la revue d’effectifs du mois d’octobre et du Massilia à cause de mon coude… j’ai dû matcher aux Coupes Nationales sous la douleur et comme je faisais un retour à la compétition sous de nouvelles couleurs, comme j’avais changé de Pôle, j’avais terriblement peur du regard des gens. Au final je m’en sors plutôt pas mal et je finis 4ème. Après les vacances de Noël nous sommes parties en stage à Cournon-d’Auvergne. Mais là c’était horrible, j’avais de plus en plus mal en rentrant du stage. J’ai fait une IRM et je souffrais d’une ostéochondrite donc j’ai commencé à être arrêtée 1 mois. Je n’avais rien le droit de faire à part de la musculation. J’ai ensuite refait une IRM sauf que c’était de pire en pire. L’ostéochondrite avait augmenté et cela se répétait de plus en plus. Cela faisait plusieurs mois que j’étais arrêtée et que je ne faisais plus rien. Je suis passée d’une tendinite à une ostéochondrite stade 4 et au final j’ai été « plâtrée ». Un plâtre que je pouvais enlever…. Mais cette période était dure parce que j’avais l’impression de ne servir à rien à cause de cette blessure. C’était horrible de voir partir ses copines aux championnats d’Europe alors que j’en rêvais. Finalement, je me suis faite opérée au mois de juillet et je pouvais dire que j’allais être enfin libérée ! Mais ça été un peu plus compliqué que cela. Malheureusement tout ne s’est pas passé comme prévu, j’avais énormément de mal à reprendre alors j’ai préféré me retirer du monde de la gymnastique. Une décision difficile à prendre parce que j’ai vu mon rêve de participer aux Jeux Olympiques s’envoler.

3- Pour passer à mes meilleurs souvenirs, je dirais mon premier titre de championne de France à Albertville en 2010. C’était ma première année en Avenir et non plus en poussine. Ce fut aussi la première année où je me suis vraiment faite plaisir et c’est à partir de ce moment que je me suis rendue compte que je pouvais (et aurais pu) aller loin dans la gym. Je ne me rendais pas réellement compte de ce qui m’arrivait. Mon second titre de championne de France à Toulouse, en 2011, était aussi très beau. J’avais fait un match parfait et j’étais vraiment contente d’avoir tout réussi. En plus j’étais filmée par TF1 pour le fameux reportage.

4- Mon deuxième meilleur souvenir serait le stage à Tirrenia en Italie avec Marine Boyer. On s’était vraiment éclatées. On a rencontré plein de gymnaste de notre âge et originaires de tous les pays d’Europe dont Angelina Melnikova. Nous étions assez proches d’elle et on passait la plupart de notre temps ensemble. J’ai encore des contacts avec elle de temps en temps et ça me fait plaisir ! Pendant ce stage, ce qui était bien aussi, c’est qu’on faisait également beaucoup de nouveautés car c’était en fin de saison.

5- Pour finir, le meilleur souvenir restera sans aucun doute le match international au Canada en 2013 (Gymnix) où je représentais la France. Le premier jour avait été un petit peu compliqué mais j’avais réussi à me qualifier en finale saut et poutre ce qui était improbable car je cherchais à rentrer en finale sol. Le jour des finales, j’ai fait un sans faute et je finis 3ème en saut et 2ème en poutre. J’étais vraiment heureuse parce que mon travail payait enfin. Je me souviens avoir appelé mes parents directement après pour leur communiquer le résultat. Avec le décalage horaire, je ne pensais pas qu’ils seraient encore debout mais c’était le plus beau moment. Ma maman pleurait de joie et n’arrêtait pas de me dire « Je suis fière de toi mon amour. Loin des yeux mais près du coeur ».

J’ai encore beaucoup de beaux et mauvais souvenirs, je ne peux pas tout citer mais ces 5 moments sont ceux qui ont marqué ma vie à jamais. Malgré tout dans les bons souvenirs, il y a aussi tous les moments passés en compétition avec les filles de mon club (Toulon, Saint Etienne, Rouen) et Pôles (Toulon, Saint-Etienne) mais aussi les moments en dehors de la gym et tout ce qu’on a pu faire à l’extérieur.

Propos recueillis par Charlotte Laroche 
Photo Laurie Pina 

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