Léo Saladino, sur la route des plus grands

Il est l’un des meilleurs juniors actuels et fait partie des trois Français sélectionnés pour les championnats du monde junior qui se dérouleront à Györ, en Hongrie, du 27 au 30 juin prochain. Mais qui est Léo Saladino, médaillé de bronze U18 au concours général lors des derniers championnats de France élite ? Partons à sa découverte.

Il fait partie de ce qu’on appelle « la génération des Jeux 2024 » mais pourrait bien se faire un nom avant… Léo Saladino, licencié au club de Vallauris, s’entraîne au quotidien au Pôle d’Antibes avec Jean-François Blanquino et Rodolphe Bouché. Aux côtés des pointures de l’équipe de France senior Samir Aït Saïd, Loris Frasca et Julien Gobaux, il poursuit son chemin et son ascension avec beaucoup d’implication et ne cesse de compléter sa collection de médailles à l’échelle nationale mais également internationale. Médaillé de bronze au concours général en U18 à Saint-Brieuc le 8 juin dernier, il s’apprête désormais à s’envoler pour la Hongrie afin de participer aux premiers championnats du monde junior. La consécration d’un long travail mené avec beaucoup de sérieux et d’application pour faire partie des meilleurs et laisser une empreinte dans l’histoire de la gymnastique française…

Mais avant de décrocher cette sélection pour les Mondiaux, la route a été longue. Léo a débuté la gymnastique à l’âge de 5 ans au club de Mandelieu. « Ma soeur en faisait et j’ai voulu faire pareil » , confie-t-il. Sauf que lui fut vite piquer par la passion de la gymnastique. Et de gym loisir, il passa rapidement par la case compétition avant de faire ses débuts en haut-niveau. « J’ai fait quelques tests à Bourges pour entrer en Pôle et à mon entrée en Sixième, j’ai été pris à Antibes. La même année, j’ai également rejoint le club de Vallauris » , éclaire-t-il. La machine était lancée. « Réservé, persévérant, très exigeant avec lui-même, humble et passionné » , comme le décrit sa maman, Dominique, Léo a su gravir les échelons, étape par étape, sans jamais perdre de vue ses objectifs de carrière : les Jeux olympiques !

Talentueux, appliqué et persévérant, ces qualités lui permettent alors de progresser et de décrocher sa première sélection en équipe de France pour le tournoi international de Linz, en Autriche. Nous sommes en 2015. Le début d’une longue série puisque Léo enchaîne ensuite les sélections et les bons résultats. Lors de cette saison 2018-2019, il a par exemple participer à 4 compétitions internationales et à décrocher 7 médailles ! L’an dernier, il a également décrocher le titre de champion du monde UNSS aux arçons. « Léo commence à prendre beaucoup d’expérience car il multiplie les finales internationales » , sourit d’ailleurs son entraîneur au Pôle d’Antibes Rodolphe Bouché avant de préciser : « Son profil de gymnaste est très intéressant. C’est un généraliste mais également un hyper spécialiste au sol et au saut et un bon spécialiste aux barres parallèles et arçons. Mais son point de faiblesse reste la barre fixe. C’est un trouillard sur cet agrès (Rires). D’ailleurs il fait des médailles partout, sauf à la fixe ! Donc cet été, on a prévu un travail spécial à la fixe afin qu’il s’amuse et qu’il se débloque. »

Mais avant de penser aux entraînements de l’été, l’heure est pour le moment à la préparation des championnats du monde de Györ. Une compétition qu’il aurait pu manquer et une sélection qui aurait pu être compromise par une blessure à la cheville contractée en avril dernier et qui est venue perturber sa progression ces derniers mois. Mais tout a été fait pour que ce passionné de NBA puisse continuer à s’entraîner, sans pour autant prendre de risques sur cette cheville fragilisée, afin de pouvoir continuer d’espérer de faire partie des 3 Français sélectionnés pour les Mondes. »Cette saison n’a pas été des plus faciles pour moi, explique-t-il. Ma blessure à la cheville m’a empêché de travailler sur les 6 agrès pendant un mois. Je me suis réellement concentré sur 4 agrès. Pendant un moment, je ne savais même pas si j’allais pouvoir faire les 6 agrès aux championnats de France élite ».

Mais malgré les doutes et cette blessure, Léo le passionné a su être prêt à temps, réussir ses tests de sélection pour s’envoler pour la Hongrie et tenir son rang aux championnats de France élite. Tel un battant qui n’a jamais rien lâché grâce à une force de caractère dont il a le secret. Une compétition réussie qui, malgré une préparation écourtée, lui a ouvert le chemin du podium avec une belle troisième place au concours général en U18, concrétisée par une place en finale des barres parallèles au milieu des seniors. Une reprise progressive qui lui permet également de retrouver son meilleur niveau et ainsi aborder ses échéances internationales à venir plus sereinement, avec beaucoup d’ambitions.

Pour les championnats du monde, les objectifs fixés sont clairs. L’équipe d’un part et les résultats individuels d’autre part. « L’objectif principal est de faire de notre mieux en équipe » , lance-t-il. « Et j’aimerais bien entrer en finale arçons, barres parallèles et saut. » Au concours général, « on vise un Top 10 pour Léo« , sourit son Rodolphe Bouché.

Avec cette nouvelle sélection, Léo, qui a également su se démarquer tout au long de la saison par de belles prestations en Top 12 avec son club de Vallauris, peut ainsi continuer à prendre de l’expérience et confirmer tout son talent. « C’est est un petit pro en devenir, analyse Rodolphe Bouché, son entraîneur antibois. Il est intéressé, impliqué et est demandeur. Ce n’est pas quelqu’un qui vient uniquement pour être entraîné, il vient pour s’entraîner. Il a compris également l’importance de l’entraînement invisible et c’est un point important qui lui a permis d’évoluer. Il n’est pas dans l’attente, il propose et surtout quand il s’est fixé un objectif, il se donne les moyens pour pour y parvenirIl est très tenace et ne lâche jamais rien ! Par exemple, il voulait présenter une nouvelle entrée aux barres parallèles aux championnats de France élite. Et bien, pour être prêt le jour J, il s’en est envoyé je ne sais pas combien pour y arriver ! Il est comme ça Léo. Et de par ses origines italiennes, c’est un teigneux ! Un gentil garçon, très professionnel mais qu’est-ce qu’il râle (Rires). » Un trait de caractère que confirme le principal intéressé. « Je suis quelqu’un de persévérant mais je suis aussi un gros râleur » , avoue-t-il malicieusement. Un trait de caractère qu’il sait transformer en qualité afin de le mettre au profit de sa carrière. Car râler lui permet d’extérioriser et de se surpasser pour atteindre ses objectifs, augmenter ses contenus et briller. Sa manière de fonctionner qui lui réussit bien et qui lui offre la possibilité de se rapprocher toujours un peu plus de l’excellence. Alors qui a dit que râler était un vilain défaut… ?

Charlotte Laroche 
Photos Damien Lecatelier

 

 

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