Kloé Gausselan-Cresson : « La gym est une bonne école de la vie »

Il y a 3 ans, Kloé Gausselan-Cresson quitte la région bordelaise avec sa famille pour intégrer le pôle de Dijon. Un départ groupé pour une famille soudée. Peu épargnée par les blessures, elle a dû essuyer de nombreux forfaits et ainsi voir sa progression freinée. Malgré tout, la jeune gymnaste que tout le monde surnomme Klochette n’a jamais perdu son enthousiasme. Partons à sa découverte dans le cadre des interview de Mary-Lou.

Gym and News : Kloé, peux-tu te présenter ?
Kloé Gausselan-Cresson : Je m’appelle Kloé Gausselan-Cresson ou Klochette, j’ai 14 ans, je suis originaire de Bordeaux et maintenant je suis Dijonnaise depuis 3 ans où je vis avec mes parents. Je commence ma 4ème année au pôle espoir de Dijon.

Peux-tu te décrire en quelques mots ?
Je dirais que je suis joyeuse et gentille.

Un défaut et une qualité ?
Qualité : je dirais que je suis souple et persévérante.
Défaut : est que je manque de confiance en moi.

A quel âge as-tu commencé la gym ? et dans quel club ?
J’ai commencé la gym vers 6 ans dans un club FSCF « Cenon Gymnastique » et ensuite j’ai intégré le sport athlétique Mérignacais à l’âge de 8 ans club où je suis toujours licenciée.

Raconte-nous comment s’est passée ton intégration au pôle de Dijon ?
Ma première année au pôle de Dijon fut compliquée, car mon entraineur Nadia Massé est parti en congé maternité et ensuite j’ai eu plusieurs entraineurs « intérimaires » jusqu’à l’arrivée de Paco Castilla dans la structure de Dijon, et à la fin de la saison, je suis passé dans le groupe de Dominique Aubry avec qui je suis encore. Durant ma première année, j’ai eu des soucis de santé (œdème de Quincke) et d’autres blessures, ça a vraiment été compliqué pour moi. Mais ces trois années au pôle m’ont permis de gagner en maturité et de conforter mon projet pour intégrer un pôle France.

As-tu toujours voulu faire du haut niveau ?
J’ai commencé à vouloir faire du haut niveau vers mes 8/9 ans quand je regardais des vidéos de grandes gymnastes et quand j’ai commencé à faire des stages de détections.

Que représente la gym pour toi ?
Pour moi la gym représente une bonne école de la vie, les copines, des rencontres, des expériences, les voyages, les hôtels, les compets, la rigueur, le comportement, le dépassement de soi, etc. En fait c’est un sport très complet…

Si tu n’avais pas fait de gymnastique, quel autre sport aurais-tu fait ?
Si je n’avais pas fait de gym, j’aurais fait de l’athlétisme, car j’aime bien courir et j’ai le profil pour faire du demi-fond, mais je me suis récemment découvert une passion pour le skate board et je kiffe grave…

T’es-tu déjà blessée ?
Malheureusement j’ai eu beaucoup de blessures, le quotidien de la gymnaste quoi, et cela ne m’a pas permis de progresser correctement. Arrachement osseux au coude, déchirure aux abdos, et deux entorses à la cheville dont une qui m’a couté mon premier championnat de France élite avec le pôle à Caen car j’ai dû être forfait et l’année suivante je me suis fait une entorse à la cheville quelques jours avant les CF à Saint Brieuc et j’ai insisté pour les faire mais j’étais diminuée. Et mon œdème de Quincke avec hospitalisation la première année, voilà en gros.

Quel est ton meilleur souvenir ?
Mon meilleur souvenir c’est mon premier championnat de France en catégorie élite avenir 10 ans à Mulhouse, l’ambiance, le plateau, les gyms, voir mes idoles (Alisson Lapp, Morgane Osyssek) que j’avais en photo dans ma chambre et les voir en vrai c’était une super expérience. Un autre bon souvenir mon 1er Massilia, un magnifique plateau sur podium, quand tu as 10 ans et que tu te retrouves là-bas avec des gyms russes et les filles de l’équiper de France c’est juste WOUAH…

Qu’est-ce que tu n’aimes pas faire à l’entraînement ?
Ce que je n’aime pas faire à l’entraînement, en fait ça dépend de mon état et des jours, en fait c’est cyclique, il n’y a pas vraiment quelque chose en particulier que je n’aime pas.

Quel est ton agrès préféré ? pourquoi ?
Mon agrès préféré en grandissant est désormais le saut de cheval car j’aime bien les sensations que cela procure et quand j’étais plus petite j’aimais bien la poutre.

Celui que tu aimes le moins ?
L’agrès que je n’apprécie pas trop, ce sont les barres car je déteste les steaks aux mains et vu que j’ai la peau hyper fine et bien j’en ai tout le temps… la loose.

Quel élément te fait peur ?
L’élément qui me fait le plus peur, je dirai le Pack aux barres.

Que te dis-tu pour passer au-dessus de ta peur lorsque tu travailles un nouvel élément ?
Ce qu’il faut que je fasse pour passer au-dessus de ma peur, il faut que je fasse l’élément jusqu’à ce que je n’aie plus peureux alors il faut que je la combatte

A ton avis, qu’est-ce que tu dois travailler pour devenir plus forte ?
Je dirai que je dois travailler tous les agrès pour devenir plus forte, mais mon agrès le plus faible ce sont les barres, c’est là où je suis la plus faible.

Selon toi, quels sont tes points forts ?
Mes points forts sont la souplesse et mon physique (ma morphologie).

Selon toi quels sont tes points faibles ?
Et mes points faibles sont mon manque de confiance en moi, mon mental qui ne suit pas toujours. Et mon point fort mon physique qui est également mon point faible, je suis peut-être plus fragile.

La première chose que tu fais quand tu commences l’entrainement ?
La première chose que je fais à l’entrainement est l’échauffement, c’est très important pour ne pas se blesser.

La dernière chose que tu fais à l’entrainement ?
La dernière chose que je fais est l’étirement car cela permet de relâcher les muscles.

As-tu besoin de beaucoup de travail pour acquérir un nouvel élément ou cela se fait-il avec facilité ?
Pour l’acquisition d’un nouvel élément ça dépend mais en général ça demande beaucoup de travail car il faut l’apprendre et savoir le maitriser, mais le plus dur est de le mettre dans le mouvement

Lors d’entraînement difficile, que te dis-tu pour trouver la force de persévérer ?
Lorsque l’entrainement est difficile, je me dis qu’il ne faut pas abandonner même et surtout quand c’est difficile car c’est dans ces moments-là ou l’on progresse le plus.

Quel est ton élément rêvé à chaque agrès ?
Les éléments que j’aimerais bien faire ou que je travaille pour mettre dans mes complets, hum… je dirais au saut Yurchenko vrille tendue et rêvé double vrille tendue. Aux barres mouvement Yeager et Pack et j’aimerais bien faire le shapo demi. En poutre mettre mon double pivot accroupi et une sortie en full in serait le graal. Au sol je rêverais de faire un full full groupé.

Quel est le plus gros sacrifice que tu dois faire au quotidien en tant que gymnaste de haut-niveau ?
Le plus gros sacrifice que je dois faire au quotidien, je dirai de ne pas voir mes proches et ma sœur qui sont sur Bordeaux, même si je vis chez mes parents au quotidien, mais c’est également de vivre une vie décalée par rapport à un enfant de mon âge et d’avoir le courage et la hargne de se lever tous les matins quand on est blessée ou fatiguée pour renchainer sur une nouvelle journée, mais on sait que dans notre sport et dans le haut niveau, il faut savoir faire des sacrifices, ça fait partie du jeu.

Dans quel état d’esprit es-tu lorsque tu rentres sur le plateau de compétition ?
Quand j’arrive sur un plateau pour une compétition, je suis stressée à l’idée de me retrouver devant les juges et le public, mais je suis très contente d’y être.

Comment as-tu réagi à la blessure d’Emilie aux championnats de France 2019 ?
Pour Mimi, au début de son saut d’échauffement, elle est venue nous dire qu’elle avait mal au coude et qu’il faisait « cloc », on lui a dit que ce n’était rien et quand on l’a vu revenir après la compétition avec un plâtre au bras ça nous a fait un choc, on ne s’y attendait pas du tout.

Tes objectifs à court et à long terme ?
Mes objectifs à court terme sont de faire une bonne revue d’effectif de faire mes minima points pour me qualifier aux championnats de France élite, et renter dans le collectif France junior. Mon objectif à moyen terme est d’intégrer un pôle France, j’aimerais bien aller à l’INSEP. Et à long terme faire des compétitions en équipe de France, championnats d’Europe, championnats du monde et bien sûr comme toutes les gymnastes faire les Jeux Olympiques.


L’avis du père de Kloé, Xavier, créateur de la page Facebook « parents de gymnastes »

Comment est Kloé dans la vie de tous les jours ?
Dans la vie de tous les jours Kloé est une petite fille qui est posée, discrète, rigoureuse dans tout ce qu’elle fait et investie dans tout ce qu’elle entreprend.

Quelle place prend la gym dans la vie de Kloé ?
La gym prend beaucoup de place dans sa vie de tous les jours comme toutes les gyms de haut-niveau mais elle arrive facilement à couper de la gym quand elle rentre à la maison et faire d’autres activités avec nous, on a la chance de l’avoir avec nous toute l’année donc on peut profiter d’elle un maximum.

Comment avez-vous réagi lorsque Kloé vous a dit qu’elle souhaitait faire du haut-niveau ?
Kloé nous a pas vraiment dit qu’elle voulait faire du haut niveau, c’était juste la continuité des stages et du processus qui était entamé, on a juste eu à se faire porter par le courant et attendre les événements, par contre cela a été une époque très très stressante pour elle et pour nous car le parcours pour accéder au haut niveau est long et semé d’embuches, mais le jour où nous avons appris la décision du gym eval et son admission au pôle de Dijon, la pression est retombée et une immense joie et fierté nous a envahi. Mais surtout notre réaction quand nous avons appris que Kloé pouvait rentrer en pole, on s’est demandé comment on allait faire pour l’organisation car à l’époque nous habitions Bordeaux et faire parcourir Dijon Bordeaux en train à une enfant de 10 ans avec des changements de gare à Paris c’était compliqué. Et surtout on s’est demandé comment financer le pôle, les trajets etc…

Comment avez-vous fait pour accompagner votre fille dans son projet ?
Nous avons pris la décision de déménager, de demander nos mutations, de vendre notre maison et de partir dans une aventure en suivant Kloé dans son projet. Ses entraineurs du club nous avaient toujours dit : « si vous pouvez suivre Kloé dans son projet c’est la meilleure solution de réussite, et d’épanouissement pour la petite » ce qui était vrai car depuis nous avons vu quelque gyms qui ont arrêté à cause de l’éloignement familial. Avec le recul et ses 3 années qui se sont écoulées on ne regrette pas notre choix, d’avoir quitté notre région, notre famille nos amis, car tout se passe bien pour nous quatre et nous sommes ENSEMBLE et cela n’a pas de prix et nous sommes là quand ça ne va pas. Mais le problème risque de se poser de nouveau l’année prochaine si Kloé est admise en pole France à l’INSEP car il va falloir trouver entre 1400 et 1500 euros tous les mois pour financer le projet, nous sommes tous les deux aides-soignants au CHU de Dijon et nous ne sommes pas millionnaires. Dans ce sport il y a pratiquement pas d’aides financières et si vous n’avez pas d’argents, vous devez couper court les rêves de vos enfants et je trouve ça très dommageable de nos jours, surtout quand les gyms se sont donnés à fond pour réaliser leurs rêves…

Propos recueillis par Mary-Lou

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