Killian Mermet : « Je me sens super lourd sur les agrès »

Ce jour tant attendu est enfin arrivé. Le 25 mai dernier, après deux mois et demi de confinement, Killian Mermet a pu, comme certains de ses partenaires de l’équipe de France masculine de gymnastique artistique, reprendre le chemin de l’INSEP. Une délivrance.

Gym and News : La reprise de l’entraînement a repris depuis quelques jours, soulagé ? 
Killian Mermet : Oui, ça fait beaucoup de bien ! Ça m’avait manqué et j’étais vraiment pressé de reprendre, de retrouver la dynamique de l’entraînement. Je suis super motivé et tous les voyants sont au vert.

Comment s’organisent les entraînements depuis la reprise ? Quelles sont les différentes mesures mises en place ? 
On doit tous se tenir à 1 mètre de distance. Sur le praticable, on a tous un petit tapis qui nous est réservé, avec une distance de 5 mètres autour. Les entraîneurs ont le masque obligatoire et ils n’ont plus trop le droit de nous parer, sauf en cas d’extrême urgence bien sûr. Après chaque passage à l’agrès, on doit désinfecter l’agrès et on se répartit sur les différents agrès afin de ne pas être tous sur le même. On rentre un par un dans la salle et l’entrée et la sortie ne se font plus au même endroit. Ensuite, les filles et les garçons ne s’entraînent plus en même temps pour le moment, afin qu’on ne soit pas trop nombreux dans la salle. Soit on s’entraîne le matin et les filles l’après-midi ou inversement. Au début, nous n’étions que 4 GAM à avoir repris, après avoir fait une série de tests médicaux.

Et comment te sens-tu ? Pas trop difficile la reprise ? 
Je suis super content d’avoir repris l’entraînement car ça m’avait vraiment manqué mais je ne cache pas que je me sens super lourd sur les agrès, j’ai perdu ma condition physique. Je pense qu’il va falloir avoir un très long temps de réadaptation et de réathlétisation avant de pouvoir bien s’entraîner, donc là pour le moment, on y va doucement et on va monter en puissance au fur et à mesure. Pour l’instant, nous sommes dans une phase de reprise qui permet de remodeler le corps et de bien le reconditionner. Mais ça fait vraiment du bien de pouvoir de nouveau s’entraîner et de revoir du monde.

Comment s’est passé ton confinement ? 
Il s’est très bien passé. Je suis quelqu’un de très casanier donc le fait de ne pas pouvoir sortir ne m’a pas trop dérangé. Et puis, le confinement m’a permis de reposer mon corps car j’avais quelques petits bobos ces derniers temps, de réfléchir à l’après, etc.

Comment occupais-tu tes journées ? 
Je faisais du sport, je regardais des séries, je jouais à la Playstation, je lisais et je travaillais mes cours. Le temps est passé relativement vite.

Avais-tu un programme d’entraînement précis à faire pendant le confinement ? 
Oui, mon entraîneur m’envoyait différentes fiches à suivre pour les placements, le gainage, etc. Et trois fois par semaine, nous suivions des cours en visio avec le préparateur physique.

Où et avec qui as-tu passé ton confinement ? 
Chez moi, à Champigny, avec ma copine.

As-tu essayé de conserver un rythme identique à celui que tu pouvais avoir avant le confinement ? 
Les trois premières semaines j’avais réussi à conserver un rythme quasi-normal et puis après j’ai commence à prendre un rythme un peu décalé. Je me couchais assez tard et je me réveillais assez tard. Mais lorsqu’on a commencé à nous parler d’un possible retour à l’entraînement, j’ai commencé à reprendre un rythme plus classique et à redevenir hyper sérieux par rapport à ça.

En terme d’alimentation, as-tu suivi un régime strict ? 
Pas de régime strict non mais je faisais attention à ce que je mangeais, tout en me faisant plaisir parfois mais sans tomber dans les excès. Je dosais mes rations et je faisais en sorte d’avoir une alimentation normale.

As-tu pris du poids ? 
J’ai pris un peu de poids oui mais rien de très étonnant car j’avais perdu beaucoup de poids ces derniers mois, et en octobre j’étais hyper léger. Là je suis juste revenu à mon poids normal.

Tu as évoqué des petits bobos, qu’en est-il exactement ?  
J’avais une grosse douleurs à l’épaule et une douleur au tendon d’Achille récurrente. Deux blessures qui nécessitaient du repos donc le confinement est bien tombé par rapport à ça. J’ai également pu faire pas mal de rééducations, avec des élastiques notamment.

As-tu développé certaines peurs durant le confinement ? 
Non aucune peur. Ni de doute. Au contraire. Je n’avais qu’une envie, retourner à l’entraînement, reprendre les compétitions, etc.

Comment as-tu encaissé ce confinement ? 
J’étais dégoûté car beaucoup de compétitions arrivaient, j’avais été sélectionné pour un tournoi et j’étais dans une bonne dynamique mais c’est comme ça. On n’y peut rien, il fallait l’accepter.

Qu’est-ce qui t’a le plus manqué ? 
L’adrénaline de la compète ! Surtout qu’on s’était qualifiés pour les demi-finales du Top 12 avec mon club de Vélizy. Et puis je m’étais également qualifié pour une compète internationale dans le cadre de la préparation pour les championnats d’Europe, mais bon c’est comme ça. Tout le monde est dans le même cas. Et puis, à force, l’entraînement manquait et le corps commençait un peu à se rouiller, même si on avait beau bouger et s’entretenir tous les jours.

Propos recueillis par Charlotte Laroche 

 

 

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