Kévin Dupuis : « Je me rappelle de mes blessures dans les moindres détails »

Pensionnaire du Pôle d’Antibes et sociétaire du club de Clamart, Kevin Dupuis est l’un des doyens de son équipe. Avant d’affronter Franconville en Top 12 ce samedi, le jeune homme de 25 ans revient sur les grands moments de sa carrière, sur ses blessures qui ont considérablement ralenti sa phase de progression, et sur ses objectifs à venir. Son leïtmotiv : vivre au jour le jour.

Gym and News : Vous vous apprêtez à affronter Franconville avec votre club de Clamart en Top 12. Il y a deux semaines, vous avez affronté Boulazac et avez donc testé la nouvelle formule du Top 12. Que pensez-vous de ce nouveau format ?
Kevin Dupuis : Je le trouve super cool. J’ai vraiment aimé ce système de duels car ça met du piment à la compétition ! C’est sympa de se dire qu’on affronte quelqu’un en particulier, ça booste encore plus.

Comment la compétition s’est-elle passée pour vous face à Boulazac ?
Ca a été. J’ai remporté mes trois duels mais mes mouvements manquaient de précision. J’étais prêt mais ce sont les aléas de la compétition. Le duel qui s’annonçait le plus serré était celui du sol. Boulazac a envoyé leur Espagnol au sol. Comme j’avais fait des petites erreurs, je me disais que ça allait être compliqué pour moi de remporter ce duel et finalement, il a chuté.

Comment sentez-vous ce nouveau match face à Franconville ?
Pour ma part, je me sens bien. Suite à mon premier match face à Boulazac, j’ai travaillé sur les détails à l’entraînement afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs et d’être le plus précis possible. Notamment sur les réceptions.

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Revenons sur vos débuts en gym. Quel a été votre parcours ?
Alors… J’ai débuté la gym à l’âge de 6 ans au club des Voltigeurs de Chateaubriant. Mon père était un footeux mais il avait quelques problèmes de souplesse alors pour éviter d’avoir les mêmes problèmes, il avait décidé de m’inscrire à la gym avant de m’inscrire au foot. Sauf que finalement, je n’ai jamais arrêté la gym (Rires). Je suis ensuite entré au Pôle de Nantes à l’âge de 12 ans et vers 15-16 ans, je suis entré au Pôle d’Antibes. J’y suis toujours aujourd’hui et je m’entraîne aux côtés de Rodolphe Bouché avec qui tout se passe très bien.

Qu’est-ce qui vous a plu dans la gym ?
J’étais un peu foufou quand j’étais plus jeune. Je bougeais dans tous les sens, j’avais peur de rien. C’est ce qui m’a permis de progresser super vite car comme je n’avais peur de rien, je me lançais facilement. Mais avec le temps, on prend un peu plus conscience des risques. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus calme, plus posé.

Quels sont vos points forts ?
Le sol et le saut. Mais depuis que je me suis blessé au saut, j’ai un peu perdu confiance.

Quel type de blessure avez-vous eu ?
En 2014, lors d’une coupe du monde, je me suis blessé au ligament croisé antérieur. Un an plus tard, en 2015, toujours au saut, je me suis blessé au ménisque interne. Toujours sur le même genou, le gauche. Avant ces deux blessures, j’étais sur une bonne lancée, j’avais enchaîné quelques compétitions internationales. Depuis, j’ai l’impression de courir après le wagon. En plus je me suis blessé sur les deux sautes que je présentais en compète. Ma blessure de 2015 m’avait mis un gros coup au moral. J’essaie de revenir sur mes agrès forts, le sol et le saut, mais la confiance en a pris un coup. Et au saut, au moment de passer sur le dur, ça devient un peu plus compliqué. Je me rappelle de mes blessures dans les moindres détails et forcément au moment de passer sur le dur, je repense à tout ça.

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En terme de caractère, quels sont vos forces ?
Je suis quelqu’un d’assez explosif et de posé. J’essaie de temporiser et de visualiser les choses.

Des points faibles ?
J’ai un manque de confiance en moi sur certains agrès, comme je l’ai expliqué avant, et parfois je me mets des barrières.

En parallèle de la gymnastique, que faites-vous dans la vie ?
Je fais des études dans le coaching personnalisé, je suis en alternance. Quand je ne suis pas dans une salle de gym, je suis dans une salle de muscu ! J’aimerais me spécialiser dans la prépa physique après, pas forcément dans la gym, dans la prépa physique au sens large (Retrouvez sa nouvelle page Facebook, consacrée à la gym et au fitness, ici)

Quels sont vos objectifs désormais ?
Je me fixe des objectifs de tous les jours. Je préfère démarrer une journée en me disant ce que je vais faire et je fais le bilan chaque soir. Avant je me projetais trop, je n’étais pas du tout dans l’instant présent. Maintenant, je suis dans l’instant présent. Mes deux blessures m’ont permis de me rendre compte de certaines choses. A travers mes erreurs, j’ai appris. Alors bien sûr, dans un coin de ma tête, j’ai des objectifs comme par exemple faire une compétition avec le collectif France mais je préfère me focaliser sur mes objectifs quotidiens.

Les championnats d’Europe, les Mondiaux, vous y pensez ?
Pour les Europe, à mon niveau, je pense ne pas avoir acquis suffisamment de choses pour pouvoir prétendre à une place. Pour les Mondiaux aussi, je suis réaliste ! Mais en tout cas, je bosse tous les jours, dur, pour essayer de me rapprocher le plus possible de ces compétitions.

Propos recueillis par Charlotte Laroche pour Gym and News

 

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