Kevin Antoniotti : « J’ai toujours voulu avoir mon nom dans le code »

Kevin Antoniotti during the French Olympic team's launch of their 100-day countdown to the opening of the 2016 Rio Olympic Games on April 27, 2016 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon / Icon Sport)

Il est l’un des meilleurs généralistes français avec également un profil de spécialiste aux barres mais il n’a pas réussi à décrocher son ticket pour les Jeux Olympiques de Rio. La faute -notamment- a une finale manquée lors des derniers championnats de France, étape essentielle avant les Jeux. Plutôt discret, Kevin Antoniotti, champion de France au général en 2014, repart désormais pour un nouveau cycle olympique, « boosté à bloc », avec pour premier objectif : participer aux championnats d’Europe en avril prochain en Roumanie.

Gym and News : Kevin, tu es resté assez discret depuis ta non-sélection olympique, comment as-tu vécu la chose ?
Kevin Antoniotti : Sur le moment, j’étais très déçu. Je savais que je n’avais pas fait la meilleure de mes années mais j’y croyais quand même. J’étais aussi déçu car j’étais là au Test Event, dans l’équipe qui a qualifié la France aux Jeux. C’est toujours rageant de ne pas être là jusqu’au bout. Je savais que pour pouvoir gagner ma place pour les Jeux, il fallait que je réussisse ma fixe aux championnats de France, car cet un agrès où il manque une note, mais malheureusement j’ai raté ma finale.

Comment expliques-tu cette finale manquée ? L’enjeu ? La pression ?
J’avais un tout nouveau mouvement qui était assez compliqué à faire. J’ai pris des risques, c’était un choix réfléchi mais ce n’est pas passé le jour de la finale. Si ça passait, j’aurais eu des chances de décrocher ma place pour les Jeux… mais ce n’est pas passé.

L’épisode Rio étant désormais derrière toi, vers quels objectifs te tournes-tu ?
Je me concentre sur le Top 12 avec mon club, Antibes. Et j’espère me qualifier pour les championnats d’Europe individuel, en avril prochain. C’est intéressant pour moi car je suis un généraliste mais je suis aussi un spécialiste aux parallèles et à la fixe. Je repars sur ce nouveau cycle olympique boosté à bloc !

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Tu as fait ta première sortie internationale à Barcelone, au début du mois de novembre, lors du Memorial Joaquim Blume, comment ça s’est passé pour toi ?
C’était un peu compliqué car j’ai dû rapidement reprendre mes complets. Au début, c’était Zachari (Hrimèche, NDLR) qui avait été sélectionné mais il avait une rencontre pour le Top 12 donc il ne pouvait pas aller à Barcelone. Deux semaines avant la compétition, on m’a alors proposé de le remplacer. Je n’étais pas prêt mais j’ai quand même accepté car c’est une très belle compète. Donc j’y suis allé en n’étant pas assez préparé, j’ai fait de mon mieux mais j’ai fait beaucoup de petites erreurs de débutant. J’ai fait des belles barres (parallèles) et un beau sol. Je suis déçu pour la fixe et les arçons. A la fixe, je n’avais pas assez préparé ma barre et j’ai chuté sur un élément sur lequel je ne chute jamais ! Il y a eu du bon et du moins bon.

Parlons un peu de ta gym. Quels sont tes points forts ?
Je suis un gym qui s’est très peu blessé, c’est assez rare chez les gyms et c’est une qualité je pense. Je suis également quelqu’un de très réfléchi donc je réfléchis beaucoup à mes mouvements avant de passer. J’essaie d’être plus productif dans ce que je fais et afin de limiter mes passages.

Et tes points faibles ?
Mes points faibles sont liés aux agrès que je maîtrise moins, c’est-à-dire les anneaux et le saut. Pour le saut, il me manque une certaine explosivité. Pour les anneaux, il me manque cette force naturelle que certains gyms, comme Samir, ont.

Revenons désormais sur ton parcours…
J’ai débuté la gym à l’âge de 6 ans au club de Saint-Paul, à la Réunion. J’y suis resté deux ans puis après avoir déménagé, je me suis inscrit à Saint-André et j’ai été entraîné par Patrice Casimir. Dès qu’il m’a pris en charge, ça m’a beaucoup aidé. J’ai pris goût à la gym et j’ai commencé à performer. En 2000-2001, j’ai rejoint le Pôle d’Avignon et j’y suis resté pendant 4 ans avant de rejoindre le Pôle France d’Antibes. J’y suis resté 7 ans et demi puis j’ai rejoint l’INSEP, juste après les Jeux Olympiques de Londres, en 2012. Je me plaisais beaucoup au Pôle d’Antibes mais j’avais besoin de renouveau, j’avais besoin de voir autre chose. Et il y a aussi un élément qui a pesé dans la balance, en montant à Paris. J’avais plus de chance d’obtenir ma dérogation pour mon école de kiné en étant à Paris qu’en restant à Antibes. Mon avenir professionnel était important pour moi, c’est aussi pour cela que je suis monté à l’INSEP. Ma décision était mûrement réfléchie.

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Quels sont les éléments que tu rêverais de faire ? 
Il y en a beaucoup (Rires). Quand j’étais jeune, on m’appelait le roi de l’entraînement ! J’ai toujours voulu avoir mon nom dans le code aux barres parallèles. Depuis deux ans, je travaille sur un élément en particulier. Je travaille aussi un nouvel élément, toujours aux parallèles, qui me permettrait d’avoir une note de départ équivalente à celle des finalistes mondiaux.

En parallèle de la gym, tu es donc également en école de kiné. Ce n’est pas trop dur de combiner les deux ? 
Les deux premières années, j’ai eu une baisse de performance mais là je commence à intégrer le rythme de travail pour pouvoir être de nouveau performant en gym. Ce n’est pas toujours facile, surtout lorsqu’il y a des examens en même temps que les compètes, mais c’est un rythme de vie qu’on apprend à prendre.

Propos recueillis par Charlotte Laroche pour Gym and News

 

 

 

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