Julien Gobaux, l’atypique

Champion de France en titre au général, Julien Gobaux participe à ses premiers Jeux Olympiques. Pensionnaire du Pôle France d’Antibes et sociétaire du club de l’Etoile de Monaco, le généraliste de 25 ans brigue une place en finale au concours général sur ces Jeux de Rio. Portrait découverte d’un gymnaste plein de talent.

Il est incontestablement le meilleur généraliste français à l’heure actuelle. Champion de France en titre au général, au sol et aux barres parallèles, Julien Gobaux a réussi à s’imposer en tant que titulaire indiscutable au sein du collectif France grâce à un travail acharné qui a fini par payer. Pourtant, les choses étaient loin d’être gagnées. En proie à des problèmes avec l’autorité, le pensionnaire du Pôle d’Antibes qui a débuté la gym à l’âge de 6 ans, sans grande conviction, avait fait le choix de tout plaquer. Un arrêt qui, avec le recul, se révélera finalement bénéfique. Pendant un an, il ne veut plus entendre parler de gym et décide de rester loin des salles d’entraînement. Avant de se raviser, en 2007, et de reprendre l’entraînement. Mais ailleurs. Il a alors 16 ans et s’inscrit au club de l’Etoile de Monaco dont l’entraîneur est un certain Thierry Aymes… Ancien membre de l’équipe de France lors des Jeux d’Atlanta, il prend l’adolescent sous son aile.

Aux côtés de Thierry Aymes, il apprend à canaliser son impulsivité. Mieux, il apprend à l’exprimer sur les agrès. Commence alors une fabuleuse montée en puissance. « Julien avait juste besoin d’être canalisé car c’est un garçon vraiment gentil, entier et simple. Dès qu’il débordait, je le recadrais. Il avait un caractère de cochon, il était hyper dur à gérer mais au fil des années, il s’est beaucoup assagi et à su transmettre toute cette impulsivité qu’il avait en lui sur les agrès, ce qui lui a permis de beaucoup progresser« , confie l’entraîneur monégasque.

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Puis, en 2012, il finit par reprendre le chemin du Pôle d’Antibes mais continue néanmoins d’aller s’entraîner une à deux fois par semaine à Monaco. Car ce club, c’est comme un repère pour lui. En parallèle, à Antibes, il poursuit sa phase de progression aux côtés de Philippe Carmona s’imposant au fil du temps comme le généraliste au sein du collectif France. Un statut qu’il assume pleinement lors des derniers championnats d’Europe, en mai dernier. « Julien est un gros travailleur. Il est déterminé et sait ce qu’il veut. Lorsqu’il a décidé de retourner au Pôle, à Antibes, il y est allé avec l’objectif de faire les Jeux. A partir de ce moment-là, il a tout donné. A l’entraînement, c’est un chien (rires) ! Il passe, passe et repasse aux agrès. Même en dehors, il fait attention à ce qu’il mange. Il a tout fait pour atteindre son objectif et est clairement passé dans une autre dimension », analyse son entraîneur monégasque avant de préciser : « Il a un profil atypique, il sort un peu du système. C’est bien de voir que malgré cela, il a réussi à prouver qu’il avait sa place au sein de l’équipe de France. Il apporte beaucoup. »

A Rio, Julien, l’atypique au grand coeur, va présenter deux nouveaux éléments. La triple vrille au sol et le salto en dessous d’une barre aux parallèles. Deux nouveaux éléments qui lui permettent d’augmenter sa note de départ de trois dixièmes sur les deux agrès, passant ainsi d’une note de départ de 6,2 à 6,5. « Il a le potentiel pour terminer dans les 24 et faire la finale au concours général« , espère Thierry Aymes. Et d’ajouter : « Au sol, avec une note de départ plus élevée, et s’il fait le match parfait avec des réceptions toutes pilées, on ne sait pas, peut-être qu’il pourra même intégrer une finale. Ce sera compliqué mais on ne sait jamais. C’est peut-être possible. Rien n’est joué d’avance en gym. »

Julien Gaoaux 2

Si en individuel, il va tenter d’accrocher au moins une finale, son rôle principal est d’aider l’équipe à terminer dans les huit premiers lors des qualifications. « Julien est aujourd’hui, avec Axel Augis, le seul vrai généraliste de cette équipe de France. C’est une vraie force pour l’équipe. Danny fait les six agrès, a les anneaux comme agrès fort, mais sur les autres agrès le contenu est beaucoup plus léger, c’est un profil différent. Quant à Cyril, depuis ses pépins physiques, il ne passe plus non plus sur les six agrès et Samir s’est concentré sur les anneaux, le sol et le saut. Seuls Julien et Axel ont ce vrai profil de généraliste avec aucun agrès faible », lance l’entraîneur monégasque.

Alors à l’autre bout de l’Océan Atlantique, le triple champion de France va tenter de tirer son épingle du jeu lors de ces Jeux Olympiques… sous les yeux bienveillants de Thierry Aymes qui suivra son parcours depuis les tribunes. Entrée en lice, ce samedi 6 août.

Charlotte Laroche pour Gym and News

 

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