Histoire de confinement : saveur nature pour quatre Stéphanoises

[HISTOIRES DE CONFINEMENT] Le confinement n’est évident pour personne mais alors lorsqu’on est gymnaste de haut-niveau, forcément, il peut vite laisser des traces. Afin que la reprise de l’entraînement ne soit pas trop compliquée, il est important que tous les sportifs continuent de s’entraîner. Alors certes, l’entraînement aux agrès est très limité mais la préparation physique a quant à elle pris une place prépondérante dans leur quotidien. Tout au long de cette période, nous allons intéresser au nouveau quotidien des gymnastes, GAM, GAF et GR, à leur organisation et à la manière dont ils vivent les choses.

Mélanie De Jesus Dos Santos, Lorette Charpy, Aline Friess et Alizée Letrange-Mouakit sont confinées toutes les quatre dans une maison de campagne. Accompagnées de Maud, une adulte qui oeuvre tout au long de l’année au sein du pôle et qui peut ainsi gérer l’aspect intendance, elles peuvent respecter les mesures de confinement mises en place par le gouvernement tout en profitant d’une certaine émulation de groupe, notamment dans la pratique quotidienne de préparation physique, la seule chose qui leur permet de se maintenir en forme, faute d’agrès. Tout au long du confinement, nous allons nous intéresser à la manière dont les gymnastes (GAM et GAF) organisent leur journée autour des programmes de préparation physique envoyés par chaque structure.

Le confinement n’est évident pour personne mais alors lorsqu’on est gymnaste de haut-niveau, forcément, il peut vite laisser des traces. Afin que la reprise de l’entraînement ne soit pas trop compliquée, il est important que tous les sportifs continuent de s’entraîner. Alors certes, l’entraînement aux agrès est extrêmement limité, voire quasiment absent, mais la préparation physique a quant à elle pris une place prépondérante dans leur quotidien.

Du côté de Saint-Etienne, à la suite de l’annonce du fermeture du pôle, il a été décidé que les quatre seniors GAF, actuellement en pleine préparation olympique, partent ensemble en confinement. Mélanie De Jesus Dos Santos, Lorette Charpy, Aline Friess et Alizée Letrange-Mouakit ont donc fait leurs valises pour se rendre dans la campagne stéphanoise. Là où elles ne croisent quasiment personne, pour ne pas dire jamais personne. Là où l’air est frais et pur.

À la campagne, les 4 copines suivent un programme bien ficelé. « Le matin, on se lève tranquillement, explique Aline Friess, qui est d’ailleurs généralement la première à se réveiller. Ensuite, entre 10h et 13h, on s’entraîne, on fait de la prépa physique autour de la maison et dans le jardin. On a quelques tapis, une poutre en mousse aussi donc on peut faire un peu de gym. Ensuite, vers 13h, on déjeune, et l’après-midi on fait de l’activité physique. Un peu de vélo, du running, des randonnées en forêt. Mais on ne part jamais loin afin de respecter les consignes du gouvernement. » « Oui, on ne s’éloigne jamais de la maison, mais de toute façon on ne croise jamais personne« , lance Mélanie.

Seules au monde, les quatre Stéphanoises le seraient presque. Mais à quatre, elles peuvent plus facilement rompre l’ennui. D’autant plus qu’elles sont loin de leur famille et qu’elles savent qu’elles ne pourront pas voir leurs proches pendant un moment. « On est bien occupées » , sourit Lorette. « C’est plus facile de garder le moral et de se motiver quand on n’est pas toutes seules, il faut surtout rester positive et se tenir en forme pour le retour » , ajoute Alizée. « En plus, on a de la chance d’être à la campagne, c’est vraiment agréable ici, même si la situation est tout de même un peu bizarre. On est coupées du monde » , précise Aline.

Leurs journées sont aussi ponctuées de moments réservés aux révisions, aux cours. Pour Lorette et Aline, ce confinement n’a pas grande incidence car elles suivent déjà des cours par correspondance le reste de l’année. « Pour nous, le rythme ne change pas » , explique en effet Aline. Le plus gros changement est pour Alizée qui va au lycée habituellement. Elle est en classe de Seconde. « Depuis le début du confinement, je suis les cours par internet, je ne suis pas habituée » , livre la benjamine du groupe. « C’est à moi d’être sérieuse, il n’y a pas les profs pour surveiller si on suit bien les cours. On a aussi quelques contrôles à rendre, mais ça va, je m’en sors bien. » Pendant ce temps-là, Mélanie occupe son temps. « Mélanie est à la retraite » , lance Lorette amusée ! « Pendant que les filles révisent, j’écoute de la musique, je fais mes ongles, je glande. Je m’occupe » , confie la championne d’Europe.

Le reste de la journée est sinon principalement occupé par de la préparation physique. « Chaque soir, Eric et Monique (Hagard) nous envoient notre programme. Il change tous les jours, cela permet d’éviter la lassitude » , éclaire Lorette qui, du haut de ses 18 ans et avec beaucoup de maturité, joue à merveille le rôle de grande soeur. Un rôle qu’elle a l’habitude de tenir chez elle, avec son petit frère Alcide, et qui lui va si bien.

Si le programme se concentre essentiellement sur la préparation physique, les 4 Stéphanoises peuvent également pratiquer un (tout petit) peu de gymnastique et s’organisent avec les moyens du bord. « On a une petite poutre  en mousse qu’on met dans le jardin quand il fait beau, ce qui nous permet de faire quelques accros. On ne peut pas faire grand chose mais c’est déjà bien. Et puis on a ramené des porte-mains ce qui nous permet également de travailler nos appuis, nos valses, etc » , ajoute la plus jeune des soeurs Charpy. « Mais ce qui est bien, c’est qu’Eric et Monique sont à notre écoute. Ils adaptent le programme qu’ils nous envoient en fonction des idées dont on leur fait part. Les choses ne sont pas figées » , précise Aline.

Quant à la vie en communauté, Lorette, Mélanie, Alizée et Aline s’adaptent bien. « On s’entend toutes très bien, donc c’est agréable de passer du temps ensemble » , sourit Alizée. La bonne humeur est en effet au rendez-vous. « On pourrait même ouvrir un restaurant à la fin du confinement car on cuisine beaucoup » , lance Lorette amusée. « Surtout des légumes » , précise Aline. Et des pâtisseries ? « Non« , répondent-elles en choeur. « Il faut tout de même garder la ligne et faire attention à ce qu’on mange. Encore plus en cette période de confinement. »

Le soir, les filles se détendent devant une série ou un film. « Merci Netflix » , répondent-elle toutes les 4 en même temps ! Dans leur maison provisoire, personne n’a le monopole de la télécommande, les choix se font collégialement. « On a toutes les mêmes goûts, on aime toutes les films comiques, donc c’est assez facile de trouver quelque chose qui nous plaît à toutes… même si Mélanie et moi aimons bien les films d’horreur mais comme Aline et Alizée n’aiment pas, on évite d’en regarder » , souligne Lorette.

Loin de toute l’agitation urbaine, les 4 gymnastes mènent donc une vie similaire à bon nombre de Français, si on enlève tout l’aspect consacré à la préparation physique que beaucoup de citoyens lambdas ne pratiquent pas de manière aussi intense. Mais à part ça, les filles passent le temps et respectent les mesures de confinement. Ensemble. À rigoler, cuisiner, discuter. Des moments à 4, dont elles se souviendront longtemps et qui feront partie de leur histoire. Leur carrière. Un confinement solidaire où la cohésion de groupe est à son paroxysme. Un confinement où chacune trouve sa place, et où personne n’est seule. Un confinement, entre copines, qui permet aussi de mieux encaisser et dédramatiser toutes les annulations de compétitions qui se succèdent et au possible report des Jeux Olympiques. « On s’attendait à ce que les championnats d’Europe soient annulés mais même si on se préparait à l’idée. C’est une très grande déception, surtout qu’ils se déroulaient, chez nous, en France » , commente Lorette avec beaucoup de déception dans la voix avant de conclure  : « En ce qui concerne les Jeux Olympiques, même si on préférerait que ça se déroule cet été, on se prépare tout de même à l’idée que ce soit reporté… »

Une décision devrait être prise d’ici 4 semaines maximum par le CIO même si l’idée d’un report est de plus en plus envisagé…

Charlotte Laroche

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