[HISTOIRE DE CONFINEMENT – ÉPISODE 14]  L’arrêt soudain de la saison ont laissé gymnastes et entraîneurs sur leur fin. Une saison inachevée, des gymnases vides… Le monde de la gymnastique rythmique tourne au ralenti depuis le début du confinement. Un dynamisme compétitif inexistant, peut-être, mais de nouveaux fonctionnements émergent tout de même aux domiciles des gymnastes et des entraîneurs qui ont dû innover pour maintenir une progression, et penser à de nouveaux projets malgré tout. Voici l’histoire du confinement du tout jeune Arena Sport Club, club basé à Nogent-sur-Marne qui a décidé de continuer à s’investir à 200% pour ses gymnastes.

Gym and News : Pouvez-vous dans un premier temps présenter votre club ?
Océane Charoy : Après l’arrêt de notre carrière de sportifs de haut niveau, Jonathan Lemaire Thiam (ancien membre de l’équipe de France de lutte) et moi même qui suis une ancienne membre de l’équipe de France GR, la création d’une association sportive s’est imposée comme une évidence, une suite logique dans notre parcours. Nous suivions notre passion depuis des années, il était temps pour nous de la transmettre ! L’union faisant la force, nous avons donc décidé, de nous lancer dans le projet d’ouvrir « l’Aréna sport club » proposant nos disciplines respectives et reposant sur des valeurs de respect, de partage et d’apprentissage sportif et moral auprès de la jeunesse. En septembre 2020, nous entamerons notre 5ème année déjà, ça passe vite ! L’association comptait 245 adhérents pour l’année 2019-2020 toutes disciplines confondues. Concernant la section GR, nous avons comme ambitions d’aider, d’accompagner nos gymnastes, d’être un tremplin jusqu’à l’apogée de leur passion. Pour cela, nous nous sommes organisés en 4 niveaux gymniques : loisir (1h par semaine), loisir avancé (2h par semaine), coupe formation (3h par semaine), compétition (7h par semaine).

Pouvez-vous également présenter le staff technique ? 
Aujourd’hui, L’Arena Sport Club a la chance d’avoir une équipe dirigeante jeune, dynamique et impliquée dans la vie associative du club. En effet, ayant participé à un grand nombre de compétition à l’échelle nationale, côtoyé plusieurs clubs franciliens et ayant été interne à l’INSEP, nous avons eu la chance de rencontrer un grand nombre d’athlètes, entraîneurs, dirigeants qui partageaient les mêmes ambitions que nous : développer une association sportive promouvant la pratique des sports olympiques dans une ville où certains sports n’était encore pas représentés. C’est ainsi que Myrtille De Lagausie, ancienne gymnaste nationale à l’US Créteil, et Kseniya Moustafaeva, meilleure gymnaste française actuelle et qui a participé aux JO de Rio, ont intégré très rapidement le staff technique de la section GR.

Un mot sur le palmarès du club ?
En cette fin de quatrième année en compétition, nous comptabilisons 28 médailles au niveau départemental, inter-departemental et régionales confondus et notre première participation au championnat de France pour les ensembles qui se déroulait à Besançon.  Nous sommes également très fiers et honorés de l’intégration en 2019 au pôle d’Evry de l’une de nos gymnastes, Margaux Sol.

Comment avez-vous vécu l’annonce de l’arrêt de la saison ?
L’annonce a été un coup dur, tant pour les gymnastes que pour les entraîneurs. Des mois de préparation réduits à néant, un futur incertain et une motivation à maintenir. Il était difficile d’accepter que la saison sportive se terminait sur un travail inachevé.

De quelle façon l’avez-vous annoncé à vos gymnastes ? 
Nous avons dans un premier temps envoyé un mail aux parents des adhérents avant d’avoir en vidéo conférence les filles et de leur annoncer de vive voix. Cela leur a permis de nous confier leur frustration et nous avons pu répondre à leurs questions. Nous leur avons fait part de notre déception et avons partagé nos ressentis sur cette situation.

Qu’est ce que vous avez mis en place pour continuer à entraîner vos gymnastes à distance ?
À défaut de pouvoir prendre la direction du gymnase pendant plusieurs semaine nous nous sommes très vite organisés selon les niveaux. Pour les loisirs, nous envoyons régulièrement à nos adhérents des vidéos d’échauffement, des jeux ludiques et des concours. Pour les coupes formation, nous leur avons transmis des vidéos d’échauffement ainsi qu’un document d’entraînement (assouplissements, DC, manipulation de base à l’engin) à faire 3 fois par semaine. De plus, nous les retrouvons tous les samedis en vidéo conférence pour un entraînement ensemble. Enfin, pour le groupe compétition, en plus des documents envoyés (échauffement, assouplissements, lignes d’appuis, battements, DC et DE) elles ont entre 3h30 et 5h d’entraînement par semaine en visioconférence avec nos entraîneurs.  Nous accordons également régulièrement des séances d’animations avec des jeux et du temps pour discuter entre nous. Ce sont de bons moments de partage qui renforcent la cohésion et permettent aux filles de se retrouver et d’échanger dans une bonne ambiance.

Êtes-vous en contact quotidiennement avec vos gymnastes ?
Nous échangeons tous les jours avec nos gymnastes en compétition via un groupe whatsapp « entraîneurs-entraînées ». Nous parlons de tout : cuisine, week-end, école, souvenirs et bien sûr GR (musique, équipe, indiv, DE, code, saison 2020-2021…). Heureusement, on reste très connectées!

Ressentez-vous une baisse de motivation de leur part avec la distance ?
Les gymnastes se sont retrouvées assez brutalement face à une situation déroutante et qui génère du stress : toutes les compétitions annulées, les entraînements suspendus, des doutes se sont installés chez certaines, mais une fois la première semaine de confinement passée, elles ont su rebondir rapidement.  La passion étant plus forte que le reste, les filles sont toujours motivées, je dirais même plus maintenant. Elles nous envoient d’ailleurs beaucoup de vidéos pour nous montrer leurs progrès. Elles trépignent à l’idée de reprendre la direction du gymnase et de venger cette saison inachevée !!!

Comment tentez-vous de conserver cette motivation ? 
Très vite, nous avons fait comprendre aux filles qu’il fallait accepter la situation et en revenir plus fortes. Mais l’enjeu est tout autre, les entraînements en « visio » pendant plusieurs semaines peuvent vite être lassants et barbants. C’est là que réside tout l’enjeu, nous essayons donc de « customiser » nos séances selon nos envies, nos objectifs tout en stimulant leur motivation. Dans l’entraînement physique, le cerveau compte autant que les muscles, il est donc primordial qu’il soit attractif pour elles.  Partager des moments sportifs permet de lutter contre la baisse de moral! Un esprit sain dans un corps sain, c’est en alliant leurs devoirs à la GR que les filles gardent la forme et un bon rythme durant le confinement !

 Avez-vous des objectifs, des rêves pour votre club dans le futur ?
Nous souhaiterions poursuivre le chemin que nous avons commencé avec le club en combinant l’envie, la passion et l’épanouissement, tant pour l’encadrement que pour les athlètes. D’un point de vue plus spécifique, nous aimerions avoir d’ici quelques années la capacité de présenter une équipe en division nationale. Nous ne voulons pas griller les étapes et prenons le temps de former correctement nos gymnastes pour gravir les échelons les uns après les autres. Mais évidemment, nous avons hâte que le club soit représenté dans plus de catégories ! Nous souhaiterions également former d’autres jeunes gymnastes afin de leur permettre de prendre leur envol vers la haute performance.

Comment envisagez-vous la reprise ? De quelle façon ? Quand ? 
Nous avons bon espoir de reprendre l’entraînement avec les filles du groupe compétition en août lors d’un stage à Bourges en collaboration avec le club de Bois Colombes et en septembre pour tous les autres groupes.

Craignez-vous des différences de niveau entre celles qui auront continué à s’entraîner et celles qui auront eu plus de mal durant le confinement ?
Le confinement va indéniablement desservir certaines gymnastes qui ont eu du mal à s’entraîner régulièrement ou qui n’en ont pas eu la capacité. Nous essayons pour cela d’individualiser les exercices proposés pour travailler davantage les lacunes de chacune.  C’est de toute façon une situation très particulière que nous subissons tous, nous faisons le maximum pour en réduire les mauvais effets et nous verrons les conséquences à la reprise, celle-ci sera certainement plus dure pour certaines que pour d’autres !

Propos recueillis par Océane Michel

 

 

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