GR Tokyo 2020 : Linoy Ashram pour un sacre historique

Linoy Ashram est la première championne olympique israélienne en GR. Photo : Fanny Cortyl

A l’issue d’une finale individuelle au-delà de toute espérance, l’Israélienne Linoy Ashram décroche l’or et inscrit son nom dans l’histoire de la gymnastique rythmique. La Russe Dina Averina termine 2e suivie de la Biélorusse Alina Harnasko.

On pensait jusqu’ici que cela n’arriverait jamais et encore moins à Tokyo. Ce matin, l’Israélienne Linoy Ashram est venue arrêter la suprématie russe en concours individuel. 24 ans qu’un autre hymne que celui de la Russie n’avait pas retenti dans ce concours. 24 ans que le petit monde de la GR attendait celle qui allait venir briser cette domination. À 22 ans, Linoy Ashram impose son style, sa GR, sa détermination pour se hisser sur la plus haute marche après un concours surpassant toute attente.

Une compétition, deux visages

Personne n’aurait pu prédire lors du premier passage de Linoy Ashram à Tokyo qu’elle finirait avec l’or autour du cou. Vendredi lors des qualifications, avec une sortie et une fin sans engin au cerceau, elle ne pointait qu’à la 15e place, en dehors du top 10 synonyme de finale. Mais voilà, Linoy Ashram bataille depuis plus de cinq ans au plus haut niveau. C’est la seule à avoir réellement rivalisé avec les jumelles Averina depuis 2017. Elle a souvent complété les podiums avec les deux soeurs lors de mondiaux et coupes du monde. Alors vendredi, un deuxième passage au ballon sans chute pour se remettre dans la compétition, enchaîné avec des massues et un ruban sans erreur, et là voilà 3e des qualifications.

Un miracle ? Sûrement pas. C’est l’une des rares du circuit international à présenter des combinaisons de quatre sauts, des pivots d’une telle qualité et une exécution sans reproche, tout cela associé à une très bonne technique à l’engin. Linoy Ashram n’était pas là par hasard et à Tokyo, impossible de ne pas répondre présente.

0.150 points

L’or s’est joué à 0.150. Sur le dernier enchaînement de la compétition. Ashram a réalisé trois passages remarquables en finale, d’une qualité impressionnante tant ce code de pointage est exigeant. Elle devance les jumelles sur les trois rotations, creuse même l’écart d’un point malgré les enchaînements maîtrisés des deux Russes. Mais, peut-être rattrapée par l’événement, l’Israélienne commet une chute au ruban qui peut lui coûter l’or. Arina Averina passe complètement à côté de son ruban, voyant les chances de podium s’éloigner. Ne reste plus que sa soeur, triple championne du monde en titre pour « sauveur l’honneur » de la nation reine de la GR. Dina Averina ne craque pas et réalise un enchaînement ruban sans chute mais peu assuré.

Sur le papier, cela semblait mathématiquement très compliqué pour Dina de reprendre la tête, mais la GR a longtemps connu de drôles de dénouements tournant souvent en faveur des Russes. Pas cette fois-ci. La note tombe et c’est l’argent qui attend Dina Averina. En pleurs et persuadée de s’être fait volée comme elle l’a déclarée par la suite dans la presse russe, la championne du monde porte réclamation, une règle permettant aux nations de demander aux juges de revisionner l’enchaînement en contrepartie d’une certaine somme d’argent (technique grandement utilisée lors de cette finale). Les juges acceptent (ils sont dans le droit de refuser) mais Dina Averina n’aura pas gain de cause, la note ne change pas. Linoy Ashram est titrée et la Russie ne récolte « qu’une » médaille d’argent, avant peut-être un nouveau titre en ensemble dimanche pour perpétuer là aussi leur domination. À moins que ce hold-up israélien ne donne des idées aux Bulgares, grandes rivales des Russes.

 

 

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