Clara Beugnon : « Être prête au bon moment »

Pensionnaire de l’INSEP depuis août 2014, Clara Beugnon, qui a débuté la gymnastique à tout juste 2 ans au club d’Epinay-sous-Sénart, poursuit son ascension malgré des blessures qui l’empêchent de progresser comme elle le voudrait. À deux mois des Jeux Olympiques de Rio, la jeune Essonnienne de 16 ans se confie sur sa préparation. Entretien.

Gym and news : À quelques semaines des championnats de France et à deux mois des JO, dans quel état d’esprit vous trouvez-vous ?
Clara Beugnon : Je suis concentrée sur mes objectifs. Je travaille beaucoup mes enchaînements car j’ai intégré quelques nouveaux éléments et je veux gagner en régularité afin d’augmenter mon total de points. Lors des championnats de France en individuel, je veux sortir un bon match, avec le moins d’erreurs possible. Cette compétition est très importante pour la suite.

Quels sont ces nouveaux éléments rajoutés dans vos enchaînements ?
Au sol, je travaille la triple vrille. J’espère pouvoir la tenter aux France. Je travaille pour. Aux barres, je travaille une sortie en double arrière tendu. Cet élément est très important pour moi car avant j’étais pénalisée sur ma sortie qui était d’une difficulté inférieure. Au saut, je travaille le yurchenko double vrille mais pour l’instant je ne le maîtrise pas suffisamment pour pouvoir le mettre aux France donc je resterai sur mon yurchenko vrille. En poutre, je me concentre sur la régularité, je ne rentre pas de nouveaux éléments.

Vous n’avez pas participé aux derniers tests qualificatifs pour les Test Event de Rio et les championnats d’Europe de Bern, pourquoi ?
J’ai eu quelques soucis aux talons. Lors des Massilia, en novembre dernier, je suis tombée en sortie aux barres asymétriques et je me suis fait une fissure à un talon. J’ai fait quelques infiltrations, j’ai dû me déplacer en béquille pendant une semaine mais pendant ce temps-là j’ai compensé avec mon autre pied. Du coup, je me suis fait une petite fissure à l’autre talon ! Déjà que j’ai une fragilité aux chevilles, ça ne m’a pas aidé. Je n’étais donc pas remise à 100% pour les tests de ce début d’année donc je n’ai pas pu y participer. Et j’ai également manqué les Coupes nationales.

Une blessure qui est arrivée au au mauvais moment…
Oui ! Cette période a été assez difficile pour moi car à cause de cette chute aux barres, ça m’a ralenti dans ma progression. Mais j’ai été beaucoup soutenue, notamment par Mira Boumejmajen. Elle m’a beaucoup apporté ces derniers temps. Elle m’a aidé à remonter la pente en m’envoyant des messages, en m’appelant. Elle a su me rebooster. Depuis, j’ai bien repris. Je continue d’aller chez le kiné pour soigner mes fissures et les derniers examens ont été plutôt rassurants.

Clara

Cette blessure vous a-t-elle enlevé tout espoir de participer aux Jeux Olympiques de Rio ?
Je me dis que tout est possible. Je suis un peu juste car j’ai pris beaucoup de retard à cause de ma blessure au talon mais je ne perd pas espoir. Je ne pars pas pessimiste, il faut toujours continuer de croire en nos rêves. Je sais qu’il faut que je fasse mes preuves sur les prochaines compétitions et à l’entraînement. Il va falloir être prête au bon moment et il va surtout falloir que j’apprenne à mieux gérer la pression. Car à l’entraînement, ça passe super bien mais en compétition, je n’arrive pas à reproduire la même chose. Je travaille sur ce problème.

Comment expliquez-vous cette mauvaise gestion du stress ?
Je me suis blessée en 2011 lors d’une compétition et depuis, je n’arrive plus à être sereine. J’ai peur de me reblesser. Depuis que je suis à l’INSEP, j’ai réussi à franchir un cap et j’arrive beaucoup plus à relâcher la pression. Et les compétitions que je dispute avec mon club d’Epinay-sous-Sénart me permettent également d’apprendre à mieux gérer mon stress.

Vous êtes nombreuses à espérer participer aux Jeux Olympiques de Rio, comment vivez-vous cette concurrence ?
Je me sens bien dans le groupe car il y a vraiment une bonne ambiance. Nous sommes toutes très soudées, on s’encourage, on se soutient. C’est très important. Même si parfois on peut être déçue de ne pas être retenue pour telle ou telle compétition, il n’y a pas de mauvais esprit entre nous. Je fais partie d’un groupe d’entraînement composé de Youna (Dufournet), Claire (Martin), Camille (Bahl), Anne (Kuhm), Colline (Devillard) et Fostine (Richard). Tout se passe très bien entre nous. Et Youna nous motive beaucoup, son expérience est très importante pour moi.

Sur quoi devez-vous travailler pour parvenir à atteindre vos objectifs ?
Je dois travailler ma régularité et surtout, je dois vraiment réussir à mieux gérer mon stress. Je vais tout faire pour y arriver.

Propos recueillis par C. L. pour Gym and news

Clara Beugnon au sol lors de l’Open Massilia, en novembre 2015 :

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