Célia Joseph-Noël, la nouvelle silhouette de l’ensemble France

Elle était l’une des individuelles France favorites en gymnastique rythmique pour Paris 2024. Mais l’été dernier, Célia Joseph-Noël a disparu des listes des engagées françaises pour les mondiaux 2019. En réalité, elle n’a pas pour autant quitté le monde de la gymnastique, puisqu’elle a fait son entrée dans l’ensemble France et a intégré l’INSEP. Une silhouette musclée, un dynamisme et une technique qui font sa renommée dans la gymnastique rythmique française, Célia Joseph-Noël a créé la surprise fin janvier à Reims en faisant déjà partie des titulaires de l’ensemble France. Alors qu’elle vient seulement d’arriver dans le collectif, la jeune demoiselle semble avoir déjà bien acquis la confiance de ses entraîneurs. Elle nous livre, ses choix, ses motivations et ses ambitions qui l’ont poussée à bouleverser son avenir qui semblait déjà tout tracé.

Gym and News : Célia, quels sont les moments clés de ta carrière gymnique avant ce nouveau départ à l’INSEP ?
Célia Joseph-Noël : J’ai commencé la GR à l’âge de 6 ans dans le club d’Issy Les Moulineaux. J’y suis toujours très attachée, car c’est ma ville d’origine. J’ai ensuite commencé la compétition en avenir l’année de mes 9 ans. Cela m’a permis d’être à deux reprise sélectionnée pour les inters comités pour la région Île-de-France. En 2015, alors que je venais seulement d’intégrer le pôle d’Evry, j’ai été vice-championne de France Espoir. À partir de 2016, j’ai intégré l’équipe de France Junior en individuelle, ce qui m’a permis de participer à de nombreux tournois internationaux. La saison 2017/2018 fut une année très riche pour moi puisque j’ai été championne de France Junior et double finaliste (cerceau et ruban) aux championnats d’Europe Junior. Mais je pense que le plus beau souvenir de mes années Junior reste ma qualification et ma treizième place aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires en Argentine. En 2018/2019, j’ai pu évoluer en senior et toujours en représentant la France. Une façon pour moi de participer à des étapes de coupe du monde, à des grands prix et aux championnats d’Europe. Et je termine ma saison et ma carrière individuelle avec un titre de championne de France Senior, donc, ce fut de belles années pour moi.

Tu as pourtant décidé l’an passé de te consacrer uniquement à l’ensemble alors que tu avais une place dans les meilleures seniors françaises en individuel, pourquoi avoir fait ce choix ?
À la fin de l’année dernière, les entraîneurs de l’INSEP m’ont proposé d’intégrer l’ensemble France. J’avais le choix de rester en individuel mais j’ai accepté leur proposition car j’aime beaucoup le travail d’ensemble, la cohésion d’équipe, le fait de vivre et de travailler en groupe. C’est une ambiance qui me plaît énormément.

Justement, cela fait déjà quelques mois que tu y vis, qu’est ce que cela te fait de côtoyer quotidiennement les meilleurs sportifs français?
L’INSEP, c’est comme un petit village, une petite communauté sauf que les habitants sont des grands sportifs qui sont pour certains très connus. C’est vraiment impressionnant d’y vivre, car on côtoie des personnalités que je voyais derrière ma télévision avec mes parents, il y a encore quelques mois. C’est là que je réalise que je suis dans un endroit privilégié et protégé dans lequel tout est mis au service et à la disposition des sportifs (entraînement, scolarité, médical, etc)

Si on te suivait un jour à l’INSEP, quel serait le programme ?
Je me lève vers 7h car je dois être en classe à 7h45 dans un bâtiment à l’INSEP où les professeurs viennent nous faire cours. À 9h30 je quitte le bâtiment pour aller directement à l’entraînement. Lorsque je finis l’entraînement vers 13h, je vais déjeuner puis je m’accorde une pause dans ma chambre juste avant de reprendre les cours à 14h15. Dès 15h15, je suis de retour à l’entraînement jusqu’à 18h30. Après le dîner, j’ai une séance de rattrapage
pour récupérer les cours manqués dans la journée. Deux fois par semaine, j’ai étude de 20h30 à 21h45. Et rapidement après, je me couche, car les journées sont longues et fatigantes.

Tu as intégré une équipe qui travaillait depuis déjà depuis plusieurs années ensemble, comment as-tu fait pour trouver ta place malgré les différences d’âge ?
Je connaissais déjà la majorité des filles de l’ensemble car j’ai passé deux ans avec elles au pôle d’Evry. Cela a donc été d’autant plus simple pour m’intégrer. Les autres, je les connaissais un peu, car on se croisait aux compétitions nationales. Mais j’ai surtout appris à mieux les connaître au fil des mois. Dès mon arrivée, les filles ont été très sympathiques avec moi. Après, il faut faire des efforts et ça vient avec le temps, il suffit de s’intéresser à ce qui se passe, discuter, et au fur et à mesure, on s’intègre au groupe.

Tu faisais partie des titulaires lors de la démonstration à Reims et seulement quelques mois après ton arrivée dans l’ensemble, qu’est ce que cela représente pour toi ? Et quels sont tes objectifs au sein de l’ensemble ?
Lors de la démonstration à Reims, j’ai en effet pu alterner avec Hélène sur le même
poste. Je suis fière de voir que les entraîneurs m’ont fait confiance et m’ont alignée sur
les deux engins. Cela veut aussi dire que les progrès que j’ai fait sur le travail d’ensemble
portent ses fruits, même si je suis consciente qu’il me reste des choses à apprendre et à perfectionner évidemment. Sur le long terme, j’aimerais avant tout beaucoup progresser au sein de l’ensemble afin de pouvoir faire partie des gymnastes sélectionnées pour
participer à des compétitions internationales.

Tu as été recrutée dans cet ensemble, dans le but d’être le pilier qui fera le lien entre les deux générations d’ensemble France sur les deux cycles olympique (Tokyo 2020 et Paris 2024). Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
Il est vrai que je suis plus jeune que les filles de l’ensemble actuelle même si je les connais aussi bien que la génération qui va arriver. Le fait que mes entraîneurs aient parlé de moi en ces termes, pour faire le lien entre les deux générations, c’est vraiment gratifiant et c’est un rôle qui me tient à cœur.

Est-ce que, parfois, tu regrettes ton statut d’individuelle senior en voyant tes anciennes concurrentes qui continuent d’évoluer à l’international, sachant que tu aurais pu avoir ta place auprès des meilleures individuelles mondiales ?
Non, je ne regrette absolument pas mon choix. J’ai pesé le pour et le contre et je sais que cette décision est celle qui me convient et qui me plaît le plus. Il est quand même vrai que parfois, je me dis que j’aurais peut-être fait de belles choses en tant qu’individuelle senior. Mais je sais que dans la vie, il faut faire des choix. Et je pense que celui que j’ai effectué est le meilleur pour moi.

Propos recueillis par Océane Michel
Photo Cybile Cresson 

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