Ce jour où j’ai découvert les Internationaux de France…

On est samedi, il est 13h. J’entre dans ce qui sera bientôt le théâtre d’une compétition acharnée, la grande salle de l’AccorHotels Arena de Paris. J’appréhende. À ce moment précis, je ne sais que très partiellement, grâce à des recherches faites en amont, ce qu’est ce sport : la gymnastique artistique. Ne vous méprenez pas, je suis une novice en la matière confondant la gymnastique artistique et la gymnastique rythmique. Non il n’y aura pas de rubans, je m’en suis persuadée.
Je m’appelle Aurore, j’ai 25 ans et je suis journaliste. J’ai été missionnée par Charlotte Laroche, l’une de mes amies qui n’est autre que la fondatrice de Gym and News, ce site d’actualité gymnique que vous êtes très nombreux à suivre et qu’elle tient avec toute la passion qu’on lui connaît, pour couvrir la compétition. Dans l’attente d’un heureux événement, elle ne pouvait se rendre à Bercy. En lien permanent avec elle, j’ai donc été ses yeux et ses oreilles tout au long de ce week-end gymnique exceptionnel.
Un peu perdue dans les dédales de cette grande enceinte qu’est Bercy, je me faufile dans la tribune presse. Un espace où spectateurs et journalistes vont se côtoyer durant ces deux jours de compétition.  L’ambiance dans les tribunes est survoltée, le public venu en nombre soutenir ses gymnastes préférés, est essentiellement féminin. En observant ces jeunes filles déambuler dans les tribunes, crier, danser et chanter, je réalise que la gymnastique rassemble, fédère.

Le décompte est donné. 5, 4, 3, 2, 1, la compétition peut commencer. Les premiers gymnastes entrent dans l’arène sous les applaudissement de la foule en délire. C’est Claire Pontlevoy, en hors-concours qui va inaugurer les barres asymétriques. Elle s’élance, saute, et la voilà passant d’une barre à l’autre, effectuant des figures plus impressionnantes les une que les autres. Je reste bouche bée, je ne m’attendais pas à cela. La rapidité, la grâce et la souplesse de ces jeunes sportifs m’interloque. Je me mets à imaginer les heures d’entraînement nécessaires pour réaliser ce genre de prouesse physique. “Une trentaine d’heure” m’expliqueront-ils en majorité lors de leurs interviews. Je suis sidérée, ils sont si jeunes.
Les justaucorps pailletés se suivent aux différents agrès sous l’oeil attentif du jury. Je ne pensais pas qu’ils étaient aussi nombreux. Les notes, c’est la partie que je maîtrise le moins.
Après le passage de trois Français, il est l’heure pour moi de commencer ma première interview sportive. Le stress monte. Je me rends vite compte que Kévin Carvalho est assez stressé aussi, ça me rassure. Je remarque rapidement que comme chaque sport qui se pratique en compétition, c’est une discipline qui semble véhiculer de nombreuses valeurs. Je regagne mon siège comme si de rien était, pourtant je suis encore euphorique d’avoir réalisé ma première interview sportive. Viens le tour d’un des favoris de cette compétition, Samir Aït Saïd. J’avais été prévenu, “tu verras, les anneaux c’est impressionnant”, en effet. Moi qui ai du mal à faire une pompe je me retrouve à admirer la performance musclée de ce gymnaste aux anneaux. Il n’est pas tombé, a réussi sa sortie, la foule l’acclame, j’en conclus qu’il a réussi. Je suis encore assez novice en la matière, je me fie aux réactions du public.

Il est 17h, l’heure de l’entracte. J’ai depuis, recueilli la réaction de quelques compétiteurs français dont Mélanie De Jesus Dos Santos. Cette Martiniquaise est la Française la plus titrée aux championnats d’Europe de gymnastique artistique. Sa maturité et sa détermination se ressentent dans les réponses à mes questions, je suis assez surprise.
En m’aventurant dans les couloirs, je rencontre quelques bénévoles qui s’occupent volontairement, et tout le week-end, d’organiser ces Internationaux. Certains sont passionnés, d’autres simplement curieux, mais tous sont là pour aider la fédération française de gymnastique.
Ma journée s’achève comme elle a commencé : des étoiles plein les yeux. Curieuse de voir ce qu’il se passera pour les finales, je fais le point dans ma tête ravie de cette première journée. “Samir, Cyril, Mélanie, Marine, Loris, Antoine, Claire, Julien”, à demain.

Dimanche 14h. J’ai regagné ma place dans une salle comble, l’ambiance est à son apogée pour ces finales tant attendues. La compétition reprend, la tension est palpable. Je finis par comprendre que les barres parallèles et les barres asymétriques sont deux agrès différents, je maîtrise de plus en plus le vocabulaire technique. Viens les épreuves au sol, je suis une nouvelle fois épatée. Comment est-ce possible d’enchaîner les prouesses acrobatiques tout en restant aussi gracieuse ?
Je me rends en zone mixte pour faire mes dernières interviews et récolter à chaud les réactions des gymnastes français. De la déception pour certains, de la satisfaction pour d’autres. Mais toujours un seul mot d’ordre : la détermination. La journée se conclut par la remise des médailles et une Marseillaise reprise en chœur par les spectateurs. J’en ai des frissons.

Assister aux internationaux de France de gym a été une expérience très enrichissante, j’ai découvert un sport plein de valeurs, j’ai rencontré des sportifs plus déterminés que jamais et je me suis surprise à aimer réaliser des interviews sportives.

Aurore Murat

2 Commentaires

  1. J’adore ! Barres parallèles et Barres asymétriques sont des agrès différents. 🤣 j’aime entendre les commentaires et les impressions des non gyms, ça nous fait découvrir et revoir les choses de manières différentes.

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