Au coeur des Mondiaux avec Edgar Boulet

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Après les championnats d’Europe en avril dernier, Edgar Boulet (22 ans) participe actuellement à ses premiers championnats du monde organisés à Montréal, au Canada. Une entrée dans la cour des grands qu’il nous raconte jour après jour, tel un journal de bord. L’article sera mis à jour tout au long de la compétition.

L’avant-compétition (du 27 septembre au 1er octobre)

27 septembre, J-1 avant le départ 

« Demain, le départ de l’INSEP est prévu pour 9h30. Puis nous nous retrouverons tous à Roissy Charles-de-Gaulle pour prendre notre avion. Là, il est 22h30, je n’ai pas encore terminé ma valise mais je suis quelqu’un d’organisé donc toutes mes affaires sont déjà prêtes. Je n’ai plus qu’à les mettre dans mon sac. On a eu deux nouvelles tenues faites exprès pour ces championnats du monde. Tout nous a été donné par la Fédération il y a une semaine. Je n’ai qu’une hâte, c’est d’être là-bas ! Ce sont mes premiers championnats du monde alors c’est quelque chose qui s’annonce mémorable. Je compte bien profiter à fond de cette expérience et surtout je compte prendre du plaisir tout en faisant ce que j’ai à faire. Mon objectif est d’intégrer une finale à la fixe, mon agrès de prédilection. Si j’arrive à me hisser parmi les meilleurs, je serai vraiment satisfait. Je vais également être aligné au sol et même si je ne joue pas grand chose sur cet agrès, je vais tout de même tout donner et aller chercher toutes mes réceptions pour essayer de mettre toutes les chances de mon côté pour intégrer une finale sur cet agrès. Je suis prêt, motivé et déterminé ! »

28 septembre, Jour J : le départ

« Les retrouvailles de toute la team à l’aéroport nous mettent dans l’ambiance direct et ça nous met en mode compétition d’autant plus qu’on a voyagé avec les Russes. Une fois dans l’avion, c’était parti pour 6h45 de vol ! Le vol est toujours un petit challenge parce qu’il faut réussir à se caler tout de suite sur l’heure du pays dans lequel on va et réussir à ne pas dormir ou alors à se forcer à dormir en fonction de la destination où l’on va. En l’occurrence, hier, il fallait réussir à ne pas dormir du coup j’ai regardé 3 films (Rires) ! C’était pas mal car j’ai pu regarder des films qui sont actuellement à l’affiche au cinéma !
Le vol terminé, nous sommes enfin arrivés à l’hôtel après avoir passé deux heures à la douane, le temps de se faire contrôler le passeport, etc. Donc on était bien fatigués ! Mais l’arrivée à l’hôtel, c’est aussi le moment où l’on retrouve les nations étrangères et notamment les amis étrangers qu’on voit uniquement en compétition. C’est également le moment où l’on a retrouvé les GAF qui étaient parties avant nous. J’étais bien content d’arriver ! »

Edgar boulet aéroport

29 septembre, J+1 : le premier entraînement

« Hier, première journée d’entraînement, première entrée dans la cour des grands, première entrée dans l’élite mondiale ! C’était vraiment magique !!! Depuis mes débuts dans la gym, je rêve de vivre des expériences de ce genre et dès ma première expérience aux championnats du monde, j’ai la chance et l’honneur de m’entraîner avec Kohei Uchimura, la légende vivante de la gym ! J’étais comme un enfant dans une cour de recréation ! Bien sûr, je ne le montrai pas mais au fond de moi, c’était à peu près comme ça. Ensuite, une fois que je devais monter sur les agrès, tout ça n’existait plus. J’étais concentré et motivé et seul moi existait sur l’agrès. Rien d’autre. Et tout s’est vraiment bien passé ! J’étais un peu mou encore à cause du voyage mais je suis plutôt content de mon travail. Maintenant focus sur le podium training! »

30 septembre, J+2 : Podium Training

« Mon podium s’est très bien passé dans l’ensemble. J’ai fait deux mouvements réussis, au sol et à la barre fixe. Après je suis encore un peu mou physiquement, le décalage horaire n’est pas tout à fait digéré par mon corps mais bon ce podium a montré que je suis prêt et que maintenant il n’y a plus qu’à lever le bras lundi. La salle est immense et magnifique. Je pense que les Canadiens ont vraiment tout mis en oeuvre pour faire un événement magnifique ! Il y a 3 salles d’entraînements en tout dont la salle d’échauffement officielle pour la compétition qui est vraiment très grande. On a également des petits coins un peu plus relax pour se poser, boire un petit café ou des boissons de récupération et manger donc c’est vraiment pas mal ! »

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1er octobre, J+3 : Veille de compétition 

« La dernière journée avec la compétition s’est plutôt bien déroulée dans l’ensemble même si on avait des horaires d’entraînements un peu particuliers parce qu’on était vraiment en décalé, c’est-à-dire qu’on s’est entraîné de 12h à 13h30 et de 17h30 à 20h. Ensuite, ces deux entraînements étaient un peu plus tranquilles comme à chaque veille de compétition. Ce genre d’entraînement nous sert à nous dépenser un peu et à répéter une dernière fois nos éléments et enchaînements avant de nous présenter devant les juges. »

L’après-compétition 

Gym and News : Edgar, pas trop déçu de sortir si tôt de la compétition ?
Edgar Boulet : Si, forcément, il y a de la déception. Mais je suis surtout déçu que le travail n’ait pas payé car la finale était à portée de main. Mais il faut que je reste positif et ça finira par payer.

Comment expliques-tu tes deux chutes ? Erreur technique ? Ou tu ne les expliques pas ?
Pour ma première chute, je ne me l’explique pas trop. J’étais bien « en patate » mais ça faisait malheureusement partie des jours où ça ne marche pas. Ce sont des choses qui arrivent. On n’est pas des robots et chuter fait partie du jeu. Il faut en tirer des leçons. Quant à la deuxième chute, j’ai glissé à la rattrape. Mais de toute manière après la première chute, j’ai compris que ce serait impossible d’atteindre la finale. Donc pas de regret pour la deuxième chute.

Lorsque tu fais ta première chute, qu’est-ce que tu te dis à ce moment là ?
Lorsque je me suis vu par terre, je me suis dit que la compétition à la barre fixe s’arrêtait là pour moi. Alors ça fait mal mais je me suis dit que j’avais un mouvement à finir, qu’il fallait continuer et que je n’avais plus rien à perdre. Mais quand je suis tombé pour la première fois, il y a tout qui s’écroule en même temps ! C’est un peu compliqué et dur à encaisser mais ce sont des choses qui font partie du sport et il faut que j’arrive à redresser la barre pour continuer à travailler car l’aventure de ces championnats s’est certes arrêtée là mais l’aventure de la gymnastique ne s’est pas arrêtée là. Il est donc important que je me remobilise pour continuer à bien m’entraîner.

Lire la suite de l’interview ici 

 

Propos recueillis par Charlotte Laroche pour Gym and News

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