Abdelrahman Elgamal : « Cette ambiance nous avait, à tous, beaucoup manqué »

Né à Alexandrie en 1999, Abdelrahman Elgamal a commencé la gymnastique à l’âge de 4 ans dans son pays natal, en Egypte. C’est en 2017 qu’il intègre l’équipe nationale de Turquie et qu’il change de nationalité. Depuis, il a seulement pu disputer la Coupe du monde de Baku qui a malheureusement été stoppée à cause de la pandémie. Gymnaste au grand potentiel, il livre ses impressions sur les championnats d’Europe qu’il vient de disputer et au cours desquels il a remporté une belle médaille d’argent au concours par équipes, sous les couleurs de son nouveau pays.

Gym and News : Comment se sont déroulés les entraînements préparatoires pour les championnats d’Europe ?
Abdelrahman Elgamal :
C’était vraiment dur, beaucoup d’entraînement, beaucoup de travail sur les routines, sur les erreurs. On s’est concentré sur chaque petit détail. C’était vraiment dur mais ça valait le coup.

Comment as-tu vécu ton retour à la compétition ?
C’était une expérience vraiment différente pour moi après autant de temps sans compétition. J’étais vraiment excité et je voulais montrer à tout le monde que j’avais travaillé pour ça pendant longtemps. C’était un peu stressant et je ressentais un peu de pression mais comme je m’étais bien préparé avant la compétition, c’était un peu comme un entraînement pour moi. Mais j’ai adoré cette sensation de retourner à la compétition après autant de temps.

Quel impact a eu le Covid sur les championnats d’Europe selon toi ?
La peur d’être infecté par le virus était tout le temps présente. On a eu 5 tests avant la compétition et ça nous impactait forcément, car si l’un d’entre nous était infecté, tout le monde autour de lui le serait aussi. Donc c’était vraiment très stressant.

Quelle était l’ambiance lors de ces championnats d’Europe ?
Au début, tout le monde était très prudent et tout le monde portait un masque même à l’entraînement. Mais d’un autre côté, tout le monde était très heureux de retourner à la compétition. Personnellement, j’ai trouvé l’ambiance incroyable même s’il n’y avait pas de public. Chaque équipe criait pour encourager ses coéquipiers lorsqu’ils passaient à un agrès. Cette ambiance nous avait, à tous, beaucoup manqué, donc l’ambiance était vraiment sensationnelle.

La pression était-elle grande malgré le manque de public et de pays ?
Bien sûr ! Parce qu’en plus nous étions le pays qui accueillait la compétition. Donc la pression de gagner des médailles et de montrer à tout le monde nos progrès était grande. Mais malgré cette pression, c’était vraiment très excitant et incroyable.

Crois-tu qu’il manquait des pays qui auraient pu être de gros adversaires ?
Oui bien sûr. Par exemple la Russie, l’Angleterre, la France, l’Espagne, la Suisse… Beaucoup de pays étaient absents et auraient pu être de gros concurrents.

Ton meilleur moment VS ton pire moment pendant ces championnats d’Europe ?
Mon meilleur moment : Quand j’ai fait ma routine au sol aux qualifications, car comme on le sait tous, j’étais blessé à la cheville. Je ne m’attendais pas à réussir mon mouvement jusqu’à la fin et je l’ai fait donc c’était vraiment mon meilleur moment. Et bien sûr, quand nous avons gagné l’argent en équipe.

Mon pire moment : C’était juste avant la finale par équipe. 5 minutes avant de rentrer sur le plateau, j’ai dit à tout le monde que je ne pourrai par faire la compétition à cause de ma cheville. L’atmosphère était très silencieuse, tout le monde était choqué et pleurait. Et moi, j’étais tellement déçu que j’ai même dit à mon entraîneur que je ne voulais plus concourir et que je voulais abandonner cette compétition.

Quelles sont les prochaines étapes pour toi ? Tes objectifs ?
La prochaine étape pour moi est de me qualifier aux JO 2021 avec les prochains Championnats d’Europe en mai je suppose. Et d’obtenir une médaille aux championnats d’Europe ou même aux JO !

Qui sont tes plus grands supporters ?
Avant tout, mes parents. Ensuite il y a mon entraîneur et mes meilleurs amis. Et enfin, moi-même. J’essaye toujours de me convaincre que je suis capable de tout faire et de réussir. Je n’abandonnerai pas tant que je n’aurai pas atteint tout ce que je veux.

Propos recueillis par Morgane Habchi

 

 

 

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