Fostine Richard : « Le stress et l’adrénaline des compétitions, on ne les retrouve pas dans notre vie d’après »

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Aujourd’hui loin du haut-niveau, l’ancienne pensionnaire de l’INSEP, Fostine Richard (17 ans), a repris une vie classique de lycéenne. Que devient-elle ? Elle nous donne de ses nouvelles.

Gym and News : Fostine, depuis ton départ de l’INSEP à la fin de l’année scolaire 2016, que deviens-tu ?
Fostine Richard : Je suis actuellement en classe de Première ST2S. Un an après mon départ de l’INSEP, j’ai arrêté la gym pendant un an. J’ai fait de l’athlétisme, ce qui m’a permis de découvrir de nouvelles choses dans le sport mais je me suis vite rendue compte que j’éprouvais une sorte de dépendance à la gym. j’avais clairement une instabilité dans ma vie. Je pense qu’on ne retrouve jamais le même degré d’intensité émotionnelle. Le stress, l’adrénaline en compétition, on ne les retrouve pas forcément dans notre vie d’après. Suite à ce constat, j’ai donc décidé de reprendre la gym dans mon club d’Hénin-Beaumont car tourner la page m’est clairement impossible. Maintenant, je m’amuse, je me fais plaisir, je suis contente et aussi, le plus important, je garde le sourire.

Comment as-tu vécu ce départ ? Peux-tu revenir sur la manière dont ça s’est passé ?
J’ai vécu mon départ de l’INSEP avec des regrets, de la tristesse mais je l’ai aussi vécu comme un soulagement. J’ai pris la décision d’arrêter la gym de haut-niveau suite à mes blessures à répétition. Quatre mois après mon arrivée à l’INSEP (fin 2015), j’ai eu une grosse douleur à l’ischio. J’ai continué mes entraînements car comme j’avais de grandes échéances, ce n’était pas possible de m’arrêter. Les kinés et les médecins de l’INSEP m’ont épaulée durant cette période et je les remercie encore. Suite à cela, j’avais un test de sélection pour les championnats d’Europe à Marseille. Mais lors de ce test, je me suis blessée en sortie de poutre (rondade double salto). Je suis arrivée sur la tête. Le souffle coupé, je suis partie aux urgences. Par chance, je n’ai rien eu de très grave mais psychologiquement j’étais abattue. C’était un moment très douloureux… Pas facile pour moi d’accepter un échec comme celui-ci. Suite à cette chute, j’ai dû m’arrêter pendant 2 semaines et porter un collier cervical. En plus de cela, j’avais toujours une douleur à l’ischio alors j’en ai profité pour faire des examens. Les résultats n’étaient pas prometteurs. Les médecins m’ont annoncé une ostheochondrose à l’insertion de l’ischio avec l’os décollé. Une blessure qui ne demande aucune opération mais qui nécessite beaucoup de repos : entre 7 à 8 mois. C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision d’arrêter la haut-niveau.

Qu’est-ce qui te manque le plus ?
De toute évidence, ce sont mes amis. Je suis fière d’avoir pu vivre cette aventure avec eux. L’INSEP restera toujours pour moi une expérience extraordinaire et très enrichissante. C’est quelque chose de grandiose pour tout le monde. J’ai beaucoup appris là-bas. On mûrit, on devient indépendant. Globalement, j’en tire un bilan très positif.

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Avec qui as-tu gardé le plus de contact ?
Je garde le plus de contact avec un peu toutes les gymnastes de mon année passée à l’INSEP.

Quels sont tes objectifs désormais ? Sais-tu ce que tu souhaites faire comme métier ?
J’ai plusieurs idées. Le monde du social m’intéresse plus particulièrement. L’aide à la personne pour les jeunes ou les personnes âgées m’intéresse d’autant plus.

Quels sont tes meilleurs souvenirs en gym ?
Ma première médaille aux championnats de France individuel, en 2012, accompagnée de ma maman, Virginie Machado, et de mon entraîneur Tony Taffin. Un moment magique !

Ton plus mauvais souvenir ? 
Mon dernier test pour les championnats d’Europe, en 2016.

Au niveau de ton corps, la gym t-a-t-elle laissé quelques séquelles ?
Je n’ai que 17 ans mais oui je peux dire que la gym m’a déjà laissé quelques séquelles. J’ai toujours des douleurs au dos et aux genoux. Comme beaucoup de gymnastes je pense…

Propos recueillis par Charlotte Laroche 

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