Antoine Borello : « Beaucoup de personnes ne savent pas qui je suis »

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Il va honorer sa deuxième sélection France ces 29 et 30 septembre à l’AccorHotel Arena de Paris lors des Internationaux de France. Appelé en renfort à la suite du forfait d’Axel Augis, qui est Antoine Borello ? Portrait.

Il a 24 ans et commence seulement à se faire un nom auprès du grand public. Loin de toute introduction péjorative, Antoine Borello connaît une émergence assez tardive. D’ailleurs il le concède lui-même. « Je sais qu’on ne me connaît pas trop et que beaucoup de personnes ne savent pas qui je suis… La preuve, c’est très difficile de trouver des photos de moi sur les réseaux sociaux » , lance-t-il spontanément, avec une bonne dose d’humour et d’autodérision !

Antoine a débuté la gym au club de Noisy-Le-Grand, alors même qu’il ne savait pas encore marcher. Né dans une famille de gymnaste, il a tout de suite plongé dans l’univers gymnique pour finalement ne plus en sortir… « Mon père, ma mère et mon frère étant tout le temps à la salle, j’étais également tout le temps dans une salle de gym avant même de savoir marcher ! Je suis un pur produit du club de Noisy », sourit-il.

Aujourd’hui s’il est toujours licencié à Noisy-Le-Grand, son club de coeur avec qui il évolue en Top 12, il s’entraîne désormais au quotidien au Pôle d’Antibes sous la houlette de Jacques Martin. Des années dans le sud de la France qui lui ont permis de progresser, à son rythme, mais efficacement. Et neuf ans plus tard, le voici sur les toits de Paris pour participer aux Internationaux de France suite au forfait d’Axel Augis, opéré de l’épaule. « Je sais que je dois cette sélection à la blessure d’Axel, nous en avons d’ailleurs discuté et il est content pour moi, mais je me suis accroché et le travail a fini par payer » , confie-t-il.

Mais alors pourquoi émerge-t-il si tard ? À bientôt 25 ans ? « Antoine est quelqu’un de très organisé. Il a toujours souhaité trouver un équilibre entre ses études et la gym, c’est pour cette raison qu’on n’a pas entendu tout de suite parlé de lui, même s’il a toujours été dans le Top 10… » , explique Rodolphe Bouché, l’un de ses anciens entraîneurs au Pôle d’Antibes avant d’ajouter : « Après avoir obtenu son bac, il est entré en STAPS, a obtenu son Master et a pris son temps pour progresser. Il n’a pas voulu tout miser sur la gym. Il voulait d’abord s’assurer son avenir professionnel. Son Master en poche, il peut désormais se mettre à fond dans la gym avec l’objectif de percer en équipe de France et participer aux Jeux de Tokyo en 2020. S’il voit qu’il ne parvient pas à atteindre son objectif, il se consacrera ensuite de nouveau à son avenir professionnel pour poursuivre ses études afin de devenir kiné. »

Antoine Borello finale Fixe

Prendre son temps, sans brûler les étapes, ni s’égarer, tout en gardant la tête sur les épaules et ses objectifs bien en tête, telles sont les valeurs de ce gymnaste appliqué et généreux. Et pour les années à venir, il compte bien réussir à tirer son épingle du jeu…  et oublier ses cinq opérations du poignet qui l’ont freinées à plusieurs reprises dans sa progression. Généraliste avec la barre fixe en agrès fort et les anneaux en agrès faible, il aimerait devenir « un pilier de l’équipe de France » et va mettre toutes ses chances de son côté pour y parvenir. « Je suis quelqu’un de très déterminé avec toujours cette profonde envie de bien faire les choses » , explique-t-il.

Ses objectifs ? Réussir ses Internationaux de France puis ensuite peaufiner sa préparation avec les championnats du monde de Doha en ligne de mire. Car si une première équipe a été annoncée par la Fédération, celle-ci peut encore évoluer jusqu’à mi-octobre. Bercy sera donc un premier test, grandeur nature, avant de participer à un nouveau test lors d’un match France-Belgique organisé à Gand la semaine suivante. Deux rendez-vous à ne pas manquer pour espérer être faire partie du voyage à Doha fin octobre. « Depuis que Yann (Cucherat) est directeur du haut-niveau GAM, la sélection est ouverte. Tout le monde peut avoir sa chance » , analyse-t-il.

À Bercy, pour sa deuxième sélection en équipe de France senior (la première était en 2015 aux Universiades, il avait d’ailleurs atteint la finale à la barre fixe, NDLR), il sera aligné aux barres parallèles et à la barre fixe. « Les deux agrès où il est bon« , lance Rodolphe Bouché avant de préciser : « A la fixe, il peut sortir une belle note et atteindre la finale. Aux parallèles, ce sera peut-être un peu plus compliqué mais on ne sait jamais. Il sait ce qu’il a à faire et il est prêt ! Antoine est un gym qui travaille très propre. Il va seulement falloir qu’il réussisse à gérer la pression ce week-end. C’est un peu son point faible. Il a une petite fragilité de gestion de pression donc là on le met dans le grand bain pour voir comment il va gérer. C’est une très bonne entrée en matière ! »

Mais ce week-end, si la pression sera au maximum, l’excitation sera également bien présente et Antoine veut avant tout prendre du plaisir, surtout qu’il revient de loin. Après cinq opérations du poignet puis une luxation du coude juste avant les championnats de France élite, il a subi une opération de la cheville il y a tout juste deux mois. Une opération qui rendait son avenir proche en équipe de France un peu incertaine. Pourtant, il sera bel et bien là lors de cette étape de coupe du monde parisienne. Là et fier de lever le bras devant un public qui sera totalement acquis à la cause des Français… Un plongeon dans le grand bain dont il devrait se souvenir très longtemps…

Charlotte Laroche
Photos Damien Lecatelier

 

Retrouvez la fixe d’Antoine Borello lors des Universiades en 2015 :

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